Yuki Hasegawa – Pianiste & Cheffe d’orchestre

1yukihasegawa

Qui ? Yuki Haseagawa

Mission ? Pianiste et Cheffe d’orchestre

La Phrase : « N’hésitez pas à contacter quelqu’un qui a un parcours similaire à celui dont vous rêvez, allez à sa rencontre »

Pouvez-vous nous parler de votre parcours, vos études ?

J’ai commencé le piano à l’âge de 3 ans avec ma mère qui était professeur de piano. Jusqu’au lycée, je suivais le programme général même si au collège comme au lycée, j’ai souvent dirigé le coeur de la classe. Mais j’ai choisi la spécialité piano à l’Université de musique Kunitachi où le compositeur Joe Hisaishi a aussi étudié.

A l’Université, mon professeur de flûte – Akiyasu Miyamoto, 1er soliste du NHK Symphony Orchestra de Tokyo – m’a donné nombreuses occasions d’interpréter à la flûte et, peu à peu, je me suis intéressée aux ensembles musicaux.

Pour progresser dans ma pratique de pianiste de chambre et d’accompagnatrice, je suis venue à Paris à 24 ans. J’ai étudié l’accompagnement au piano, la musique de chambre, l’écriture musicale et l’orchestration. J’ai suivi les cours de piano de Thierry Huillet à Toulouse et d’Arnulf von Arnim en Allemagne. C’est vers 30 ans que j’ai reçu mes premiers prix décernés par différents concours internationaux. Parallèlement, j’ai souvent été pianiste-accompagnatrice officielle pour les concours de flûte, de violon, etc.

Comment avez-vous décidé de devenir chef d’orchestre ?

Deux de mes amis m’ont raconté successivement qu’ils avaient participé à des master-classes de direction d’orchestre et que c’était très intéressant. Je devais avoir 36 ans environ lorsque j’ai décidé d’y participer – sans aucune préparation technique de base. Et mon professeur a trouvé que ma direction d’orchestre était moins mauvaise que celle de ceux qui avaient suivi des cours avant !

Je n’avais jamais vraiment songé à ce métier avant mais comme j’étais très intéressée par la musique d’ensemble j’ai vu en cette voie comme une suite légitime et naturelle.

Les gens voient la fonction de chef d’orchestre comme une fonction « solitaire” mais je n’ai pas ce sentiment. En fait, c’est un rôle que je connais bien à travers mon expérience de pianiste-accompagnatrice de plusieurs instrumentistes et chanteurs à l’Université. Et bien que nous soyons tous étudiants et camarades, ma position particulière m’a confrontée à une sorte de solitude. Mais, comme j’attachais beaucoup d’importance à l’égalité de tous, j’avais des affinités naturelles pour un rôle proche de celui de chef d’orchestre !

Bien que diplômée de direction d’orchestre à Milan, je continue aussi mon activité de pianiste. Et d’ailleurs 2CD de musique de chambre viennent de sortir en 2016. Je trouve que ces deux métiers ont une influence mutuelle très positive !

Est-ce difficile pour une femme d’être chef d’orchestre ?

Je pense que c’est de plus en plus simple. Lorsque j’ai commencé l’étude de direction d’orchestre en 2011, il y avait déjà beaucoup de cheffes d’orchestre dans le monde et au Japon.

Et je pense que les Japonais sont de moins en moins sensibles à la distinction des sexes (il n’y a pas de “Lady First” non plus).

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes filles qui rêvent de faire comme vous ?

Je ne sais pas si je peux leur recommander de faire comme moi mais globalement, je peux leur dire de recueillir un maximum d’informations, issues de sources variées, sur le métier que vous voulez faire ou le milieu dans lequel vous voulez exercer.

Et n’hésitez pas à contacter quelqu’un qui a un parcours similaire à celui dont vous rêvez, allez à sa rencontre. Et puis analysez votre situation, votre point fort, votre philosophie (car chacun a une notion très personnelle du bonheur).