Sandrine Charpentier – Fondatrice Digitaly & Directrice 1Kubator

Mission ? Fondatrice Digitaly & Directrice 1Kubator Nantes
La Phrase « Mon conseil aux jeunes filles, c’est d’être curieuse, pour ne pas uniquement consommer le monde tel qu’il est mais contribuer à un modèle de société dans lequel elles veulent vivre. »
Sandrine Charpentier, vous avez fondé Digitaly, pouvez-vous nous présenter Digitaly ? 

Depuis deux ans, je dirais que Digitaly est une entreprise à mission sans que ce statut ait encore été officialisé au moment où nous avons défini la vision de l’entreprise. Après un parcours professionnel riche dans le secteur du numérique et une première expérience entrepreneuriale, j’ai voulu fondé avec mon associée, Dominique Crochu, une entreprise où l’innovation technologique aurait un impact concret sur l’innovation sociale.

Digitaly repose sur cet engagement fort de sens au service du business. Nous proposons des accompagnements en conseil et formation aux entreprises et organisation qui veulent saisir l’opportunité de la révolution digitale pour innover aussi socialement.
Digitaly réunit le meilleur des deux mondes, l’humain et la technologie.
Récemment, nous avons par exemple lancé Leader4.0, un programme de formation basé sur une innovation pédagogique pour accompagner les équipes à adopter les soft skills nécessaires pour manager à l’ère du digital.
Notre monde change, il faut donner à chacun.e les codes pour saisir les opportunités de l’innovation dans un monde incertain, complexe où tout change si vite. L’inclusion, c’est donner à tous les chances de s’adapter.
Vous avez aussi ouvert l’antenne nantaise du réseau d’incubateurs de startups 1Kubator, quel regard portez-vous sur l’écosystème startups dans votre région ?
A Nantes, nous sommes dans une ville attractive, innovante et en plein devenir avec un écosystème numérique à forte émulation. C’est clairement une chance pour moi de contribuer à l’émergence de nouvelles entreprises innovantes sur notre territoire. Avec 1Kubator, nous permettons aux entrepreneurs de lancer leur startup numérique en bénéficiant des atouts du territoire en matières d’expertise et de financement tout en profitant de la force d’un réseau national qui leur donne encore plus de ressources pour faire plus vite leur preuve de marché.
Nos enjeux aujourd’hui, à Nantes plus particulièrement, reposent sur niveaux :
  • encourager la création de startups à impact positif, avec des programmes et des financements adaptés, en lien avec les priorités du numérique à Nantes et une forte communauté de partenaires présents sur le territoire.
  • renforcer la création de startups deep tech (innovation de rupture) en créant davantage de liens entre le monde de la recherche publique et privée et le monde de l’économie. C’est la raison pour laquelle nous avons lancé début 2019 le programme 1KTech, pour accompagner les startups avec un fort degré d’innovation technologique (R&D).
Enfin et pour accompagner la tendance entrepreneuriale qui s’exprime aujourd’hui chez les français et aussi à Nantes – notamment chez les personnes en reconversion professionnelle – nous proposons un programme d’un mois pour tester son envie d’entreprendre, même sans idée, avant de la concrétiser à travers la création d’une startup en intégrant nos programmes d’incubation.
En accompagnant des équipes sur les premiers mois de leur projet d’entreprise, j’ai appris que l’idée est une infime partie du problème, l’important dans la réussite d’un projet reposant avant tout sur la capacité de l’équipe à exécuter son idée et à aller chercher les bonnes compétences pour réaliser leur projet entrepreneurial.
Fondatrice de l’association Femmes du digital Ouest, vous êtes très engagée pour qu’il y ait plus de femmes de la tech, quels sont les fondements de votre engagement ?

Durant mon parcours professionnel, essentiellement dans des domaines high tech, j’ai évolué dans un monde très masculin. Je me suis questionnée sur cette faible féminisation alors qu’il y a tant d’opportunité dans le domaine de la tech. Je n’ai pas trouvé d’autres réponses à cette question qu’un lien direct avec les représentations qui perdurent dans ce secteur.

Ces représentations font que d’une part les femmes ne se projettent pas dans le monde du numérique ou de l’informatique, et que d’autre part, les professionnels de ce secteur n’ont pas fait suffisamment attention au manque d’inclusion qu’ils ont inconsciemment créé, année après année.
La faible féminisation de ce secteur n’est pas une fatalité. Dans les années 70, 80, les femmes étaient bien plus présentes dans l’informatique.
C’est pour agir sur ces deux constats que j’ai voulu m’engager dans la création d’un prix en 2015 pour mettre en lumière des femmes qui ont innové dans le digital en région Pays de la Loire.
Avec mes partenaires, nous avons vraiment tenu à créer un lien de proximité avec des « roles modèles » auxquelles chacune d’entre nous pouvait s’identifier, sur notre territoire.
C’est devenu un événement de référence dans la région.
Cette dynamique a fédéré de nombreux acteurs et actrices du territoire et l’association est née d’une volonté d’encourager la mixité dans le secteur du numérique, tous ensemble.
L’association, depuis sa création est mixte, avec un conseil d’administration où les hommes ont toute leur « part d’action » et où les adhérent.e.s représentent toute la diversité de notre écosystème : entreprises, écoles, étudiant.e.s , indépendant.e.s, intrapreneur.e.s, entrepreneur.e.s, collectivités, associations…
Nous agissons concrètement sur le terrain pour montrer aux filles et aux femmes que le numérique, c’est une grande variété de métiers passionnants, dans pleins de secteurs et qu’elle sont légitimes, compétentes.
Quels sont les conseils que vous donneriez à une jeune fille à l’aube de sa vie professionnelle ?
Mon conseil, c’est d’être curieuse, pour ne pas uniquement consommer le monde tel qu’il est mais contribuer à un modèle de société dans lequel elle veut vivre. Je l’inviterais à trouver du sens dans ses projets, à cultiver ses points forts et à ne jamais laisser personne lui dire que c’est impossible >> dédicace à Philippe Croizon qui m’a beaucoup émue dernièrement. 
La technologie est aussi un formidable levier pour créer le monde de demain. C’est un monde ouvert pour qui aura la curiosité de l’explorer. La jeune Alice de Lewis Caroll est en cela un personnage très disruptif.
Elle a osé aller voir de l’autre côté, expérimenter un monde nouveau, avec ses propres codes, sa part de rêve. Elle en est sortie grandie.