Sairi Piñeros – Doctorante ESILV et Paris I

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Qui ? Sairi Piñeros

Mission ? Doctorante à l’Université Paris 1 – Panthéon Sorbonne et à l’Ecole Supérieure d’Ingénieurs Léonard de Vinci – ESILV

La Phrase : « Il existe parfois des situations où être une femme colombienne empêche de connaître ou d’accéder aux phénomènes liés à des pratiques touristiques masculines de touristes étrangers »

 

Qui êtes-vous ? Quel est votre parcours ?

Sairi Piñeros, j’ai 31 ans, de nationalité colombienne. Je suis géographe de l’Université Nationale de Colombie. En 2009, je suis arrivée en France, plus précisément à Bordeaux, via un programme d’échange académique. Après, j’ai fait un master Tourisme, environnement et patrimoine. Actuellement, je fais une thèse en Géographie à l’Université Paris 1, co-encadrée par l’ESILV (Ecole Supérieure d’Ingénieurs Léonard de Vinci).

 

Pouvez-vous présenter votre thèse ? Comment avez-vous été amenée à travailler sur ce sujet ?

Mon sujet de thèse porte sur les imaginaires géographiques et les pratiques touristiques en Colombie. La Colombie est fortement marquée par des idées-images négatives associées aux groupes armés, au narcotrafic et aux otages. Ces idées-images négatives altérèrent son imaginaire touristique. Par l’étude de cas de Carthagène des Indes, je vais démontrer comment une destination touristique construit, déconstruit et reconstruit ses imaginaires touristiques à travers des relations et des dynamiques au niveau local, national et global.  Afin de démontrer mon propos, j’utilise des approches autour de la relation médias et territoire où une partie de ma thèse se déroule autour de données issues de Big Data dans le tourisme (partage des photos et commentaires).

Mes questionnements scientifiques sur le tourisme en Colombie, les formations suivies en France et les recherches amenées par le groupe de recherche Digital Group du Pôle Léonard de Vinci / ESILV autour du Big Data et tourisme m’ont amenée à construire un sujet de thèse sur le tourisme en Colombie qui intègre l’utilisation des nouvelles technologies (Internet, téléphonie mobile, objets connectés) qui marquent, aujourd’hui, l’organisation du voyage, l’expérience touristique et le partage des expériences vécues.

 

Être une femme a-t-il déjà été un frein pour vous ? Dans votre travail de recherche par exemple ?

J’ai grandi dans une famille où la figure masculine du type « macho latino »  n’a pas été présente. Par conséquent, je n’ai pas été élevée avec un rapport d’ « infériorité » en tant que femme. Ma famille m’a toujours encouragée à suivre des études universitaires. Au cours de ma carrière, je n’ai pas senti qu’être une femme puisse être un frein pour moi, ni pour l’accès aux formations universitaires ni du point de vue professionnel dans les activités académiques développées en France. Depuis 2014, je travaille avec le groupe de recherche Digital Group du Pôle Léonard de Vinci / ESILV ; j’ai été bien accueillie en tant que femme et en tant qu’étrangère.

Néanmoins, il existe parfois des situations (plutôt dans mes travaux de terrain en Colombie) où être une femme colombienne empêche de connaître ou d’accéder aux phénomènes liés à des pratiques touristiques masculines de touristes étrangers, comme par exemple, la prostitution ou la consommation de drogue.

 

Avez-vous des modèles, féminins ou masculins, qui vous inspirent et/ou  vous ont encouragée à suivre cette voie ?

Oui, j’admire les femmes et les hommes qui luttent, qui se battent contre toutes les contraintes pour atteindre leurs objectifs. J’admire beaucoup les femmes étrangères qui se sont fait une place dans les structures d’enseignement supérieur et de la recherche en France.

Mes professeurs universitaires en Colombie m’ont encouragée à poursuivre mes études en France. C’est le monde de l’enseignement et de la recherche dans les deux pays –même avec ses disparités- qui m’a incitée à continuer sur ce chemin.