Rachel Vanier – Ecrivaine et Directrice de la Communication de Station F

Rachel Vanier est écrivaine et Directrice de la Communication de Station F. Elle vient de publier son deuxième roman Ecosystème, une plongée au coeur de l’ambition et des Start-ups…

Rachel Vanier, vous êtes directrice de la communication de Station F et écrivaine. Quelle place occupe l’écriture dans votre vie ?

C’est une vocation plus qu’un métier et, si l’on y réfléchit, la communication est une forme d’écriture.

J’ai toujours été une grande lectrice et écrire a fait partie de ma vie depuis que je suis enfant. Lorsque je suis partie vivre au Cambodge (une expérience d’un an à la fin de mes études), j’avais écrit un blog qui a eu un certain succès. C’est ce qui m’a engagée à sauter le pas et à me mettre à écrire mon premier roman.

Comment se passe l’écriture pour vous ? C’est l’histoire ou le sujet qui vous vient en premier ?

J’écris sur des sujets. L’écriture est un superbe moyen d’explorer des sujets, d’aller au fond, d’aborder tous les aspects. Surtout qu’une grande partie du travail d’écrivain est la documentation et la recherche.

En écrivant Ecosystème, j’avais en tête de traiter l’ambition. C’est tout naturellement qu’il m’est apparu que je pouvais situer l’intrigue dans cet environnement si particulier qu’est celui des start-ups, sur ce milieu unique qu’est celui des jeunes entreprises technologiques et leurs créateurs et créatrices, sur ces entrepreneurs dont l’ambition justement est le moteur.

L’écriture est très exigeante. Cela demande une certaine discipline. Je m’étais d’ailleurs dit que j’allais faire une pause dans ma vie professionnelle pour me consacrer à ce nouveau roman. Dans les faits, je n’ai pas fait de pause et j’ai rejoint Station F.  Une opportunité impossible à refuser ! Et j’ai écrit Ecosystème en cinq mois.

Ecosystème, pourquoi ce titre ?

C’est un monde en soi. Ils ont les mêmes mythologies, les mêmes modèles, les mêmes dieux, les mêmes jargons, les mêmes attentes. Et ce quel que soit le pays. Ce milieu est unique, il est transnational, il existe comme un véritable écosystème, il a ses codes, son système et ses étapes de développement. Ce livre cherche à donner un aperçu de ce qu’il se passe dans ce milieu, il fait découvrir ce monde particulier d’hommes et femmes qui cherchent à créer et à marquer le monde ; une introduction au monde des start-ups.

Un univers que vous connaissez bien ?

Oui ! Dès mes premières expériences professionnelles je me suis dit que je voulais travailler dans ce secteur. J’en aime et la mentalité, et l’atmosphère. Et puis j’ai grandi dans les nouvelles technologies, c’est dans l’ADN de ma famille.

Pour E-Founders je suis partie vivre en Californie, la Mecque pour tous les entrepreneurs de tech. J’ai été plongée dans le monde des startups californiennes. Là-bas l’esprit « start-up » est partout.

Vous qui l’avez vécu de l’intérieur comment décririez-vous l’univers des start-ups ?

C’est un univers qui draine beaucoup de fantasmes. Je dirais qu’il est assez bienveillant. Malgré la compétition qui y règne, l’entraide est très présente, cela doit tenir à la mentalité « entrepreneur ». Une mentalité unique car soyons réalistes, cette catégorie n’est pas dominante dans la société !

Néanmoins, et on le devine à quelques reprises dans votre roman, c’est un écosystème assez machiste non ?

Je ne sais pas s’il l’est plus qu’ailleurs. Disons que c’est un milieu d’hommes : créé par les hommes et donc avec des codes masculins très présents. C’est aussi pour ça que j’ai choisi d’avoir une héroïne. Je ne voulais pas que cet univers soit porté uniquement par un homme. D’autre part, je trouvais intéressant que l’histoire soit portée par un couple-amis d’enfance, un schéma assez présent dans les histoires de fondateurs. Qu’ils soient des miroirs inversés et que leur cheminement dans ce monde se fasse à la fois indépendamment et ensemble.

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