Philippine Dolbeau – Fondatrice de NewSchool et plus jeune entrepreneure de France

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Qui ? Philippine Dolbeau

Mission ? Lycéenne de 16 ans, fondatrice de la Start-up Newschool

La Phrase : « Nous avons encore beaucoup de progrès à faire en France, notamment sur l’égalité salariale, la place des femmes dans la société. »

Vous avez remporté le Hype Award dans la catégorie « espoir » des digischool Awards et avez été élue plus jeune entrepreneure de France. Quel sentiment cela vous donne-t-il ?

Lorsque j’ai remporté ce prix, il y a maintenant plus d’un an, je vous avoue que je n’y ai pas cru ! Je m’y étais inscrite sur un gros coup de tête, et me voilà au Théâtre des Deux Anes à Paris, devant 200 personnes, à pitcher mon projet en moins de 5 minutes chrono, ayant été élue « Coup de cœur des internautes ». J’arrive alors à la première place de ce concours qui m’offrira beaucoup de visibilité et de médiatisation par la suite, toute participation aux concours étant preuve d’engagement, de persévérance et de motivation. Quand je suis sortie de ce concours, j’étais forcément très fière. Fière d’avoir relevé un défi que je voulais relever depuis des années : parler seule en public, ce qui m’a totalement terrorisée pendant des années entières… Mais l’important est de l’avoir fait ! Et j’étais émue bien sûr. Sans oublier que de nombreux proches dont ma famille et mon enseignante en économie sont venus m’épauler et assister à ma présentation, ce qui est très encourageant et gratifiant pour une jeune fille de 15 ans…

Comment avez-vous vécu le développement de NewSchool qui n’était initialement qu’un projet scolaire ?

Lorsque j’ai participé au concours, NewSchool n’était encore qu’une idée sur papier… Aucun vrai visuel, une idée très vague du projet, rien de plus. Alors, quand en Juillet 2015, je reçois un e-mail d’un des dirigeants d’Apple et que je présente NewSchool à ses équipes, je me rends compte de l’intérêt porté à mon idée. Très vite, j’ai décidé de la développer, largement aidée par ma famille, des développeurs, chefs d’entreprises et enseignants. Je n’avais pas beaucoup confiance en moi ni en ce projet, mais j’ai décidé de tenter l’aventure. Et je suis fière d’être arrivée jusque là !

Vous avez très tôt appris à réparer ordinateurs et téléphones et à créer des sites web. Comment avez-vous appris ?

Je suis née en 1999 et j’ai grandi au fil des innovations technologiques. J’ai toujours eu un appareil électronique entre les mains. Je suis née au bon moment : les premiers smartphones venaient de sortir, les ordinateurs étaient modernes, mais mes parents ne savaient pas toujours les utiliser. Je suis devenue fan de technologies, mais je n’ai jamais envisagé une carrière professionnelle, j’étais tellement nulle en sciences.  Vient alors le jour où il faut créer une mini entreprise pour le cours d’économie.  C’était un peu le Koh-Lanta de l’entrepreneuriat !

Je suis autodidacte, j’ai appris en réparant les ordinateurs et smartphones que mes parents ne savaient pas forcément utiliser, ou encore en lisant les dizaines et dizaines de pages sur le site d’Apple consacrées aux développeurs (je n’avais alors que 10 ans..). Internet est un formidable outil pour s’instruire aujourd’hui !

Vous êtes actuellement en Première littéraire, quels sont vos projets pour plus tard, pour vos études ?

Depuis bien longtemps, je rêvais de devenir journaliste mais l’ampleur que prend ma Startup NewSchool remet un peu tout en cause. Je suis actuellement en Prepa sciences Po, dans le but d’être admise à Paris ou en Province. Vous savez, je crois que mon futur, mon avenir, s’écrit jour après jour. Parce que quand vous montez votre boîte, vous apprenez tellement de choses par vous-même que vous vous rendez compte de la richesse de l’aventure humaine. Vous apprenez un nouveau job que vous vous créez vous-même, avec tous les avantages et inconvénients que cela implique, mais quelle expérience !

Pensez-vous qu’être une femme puisse être un obstacle pour les futures entrepreneures de votre génération ? 

Taratata ! Je suis ravie de voir que de plus en plus de femmes entreprennent non seulement dans leur vie mais aussi dans leurs business, et ça, c’est une image à mettre en avant. Il y a quelques mois j’ai remporté un prix d’innovation. Lors de cette remise de prix, il y avait beaucoup de dirigeants informatiques de grosses sociétés. Et oui, j’ai été très surprise d’être la seule femme de cette soirée. Nous avons encore beaucoup de progrès à faire en France, notamment sur l’égalité salariale, la place des femmes dans la société et autres. Mais je suis ravie de voir que des associations et organisations comme Paris Pionnières ou encore The Women’s Forum mettent en avant ces femmes qui s’investissent et qui entreprennent au féminin.

Et pour cet été, quoi de prévu ?

REPOS ! Depuis Janvier, l’année a été plus qu’intense, tant du point de vue du stress et de la fatigue que de la gestion du temps. Je crois qu’il est temps que les vacances arrivent, une fois mon bac de français et de sciences passé. Prendre du temps pour moi, je ne sais pas encore bien faire. J’ai la tête dans le guidon depuis 6 mois. Les vacances vont me permettre de relâcher la pression et de me reposer avant une année qui s’annonce encore plus chargée avec la Terminale et le Bac, le « vrai ». Cette année commencera d’ailleurs en Chine, car j’ai l’honneur de faire partie de la délégation française du G20, accompagnée d’Econocom et de la Mutuelle Saint Christophe ! L’aventure continue donc, profitons de chaque instant… !

 

Le 7 janvier dernier Philippine avait connu un franc succès sur le plateau de BFMTV. Depuis NewSchool a reçu le Prix Coup de coeur lors de la cérémonie des Grand prix BFM Business des services le 27 mai.