Nelly Rouyrès – DGA du Groupe Léonard de Vinci

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Qui ? Nelly Rouyrès

Mission ? Directrice Générale Adjointe du Groupe Léonard de Vinci

La phrase : « Etre une femme peut-il être un frein à une carrière ? Les jeunes générations ne semblent pas se poser de questions »

Vous avez eu un parcours professionnel riche, pouvez-vous nous dire ce qui l’a motivé ?

Ingénieur de formation, j’ai d’abord exercé une douzaine d’années dans des entreprises au service de ce que l’on appellerait aujourd’hui la transformation digitale avant de me consacrer, depuis plus de vingt ans désormais, à l’enseignement supérieur.

Un de mes moteurs a été l’intérêt des missions qui m’étaient confiées, l’environnement humain dans lequel elles s’exerçaient et la capacité à atteindre des résultats tangibles. En tant que mère de famille, j’ai toujours veillé à cet épanouissement qui seul me permettait de m’abstraire de toute culpabilité vis-à-vis de mes enfants… et petits-enfants aujourd’hui.

Enfin, dotée d’une bonne dose de confiance en moi, au moment où j’ai eu l’opportunité de prendre un chemin entrepreneurial, je m’y suis engagée avec enthousiasme, assumant les risques et acceptant l’engagement sans limite que cela induit.

Être une femme a-t-il été un frein dans votre carrière ?

Au début de ma carrière, je considère qu’exercer en tant que femme dans des environnements plutôt « masculins » (l’informatique, la distribution, le transport) m’a plutôt favorisée, mettant plus facilement le projecteur sur ce que je réalisais.

Par la suite, j’ai eu la chance de collaborer avec des hommes intelligents qui ont su tirer parti de mes qualités, tout en me permettant de progresser à leurs côtés.

Et c’est étrangement dans le milieu de l’enseignement supérieur, que l’on penserait par nature innovant en terme de management, que j’ai pu parfois ressentir le plus de méfiance de la part de personnes campées dans des schémas d’un autre temps.

Pensez-vous que les  étudiant.e.s d’aujourd’hui, les cadres au féminin de demain, pourraient s’étonner d’une telle question ?

Je l’espère… Les jeunes générations ne semblent pas se poser de questions à ce sujet ; je remarque qu’elles sont pragmatiques, confiant très souvent  les responsabilités de chefs de projet à des jeunes filles afin d’assurer la parfaite conduite de leurs travaux en équipes.

Je suis assez optimiste pour trois raisons :

– le sujet de la parité est de plus en plus fréquemment abordé, permettant aux jeunes générations de naturellement s’en imprégner ;

– les enseignements évoluent et, à l’image de ce que nous faisons dans le Groupe Léonard de Vinci, l’enseignement des soft skills irrigue les cursus, dotant les diplômé-e-s de compétences personnelles, relationnelles, collaboratives et sociales qui font et feront la différence demain, indépendamment de critères de genre ;

– filles et garçons sont aujourd’hui tous deux des « digital natives », totalement immergés dans leurs outils numériques, sociaux et collaboratifs, les préparant  à évoluer de manière identique dans les entreprises du futur? Ces dernières, ayant achevé leur transformation digitale, auront fait tomber murs et clichés parallèlement et bâti des organisations dans lesquelles compétences et social skills seront les leviers de l’efficacité… En tout cas, j’en formule le vœu…