Marjolaine Grondin – CEO & cofondatrice de JAM

Qui ? Marjolaine Grondin

Mission ? CEO & cofondatrice de hellojam

La Phrase ? « Cela reste encore difficile pour les femmes, mais j’ai choisi de ne pas y prêter attention. Et d’avancer. »

 

Marjolaine Grondin vous êtes CEO et Cofondatrice de Jam, un média dans Messenger : chaque jour, il échange avec sa communauté autour d’un sujet de société, permettant d’aiguiser son regard sur le monde en 2 minutes. Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

J’ai passé mon adolescence à La Réunion où je suis restée jusqu’à mon bac puis je suis partie à Paris pour mes études supérieures. J’ai alors fait Sciences Po. Pour être sincère, je ne pensais pas avoir les moyens de cette formation mais alors que j’étais encore lycéenne et que j’envisageais de faire une fac d’économie et des langues, on m’a incitée à tenter cette grande école.

J’ai poursuivi par HEC en passant par Berkeley en Californie lors de mon année à l’étranger.

L’entrepreneuriat, ça a toujours été une évidence pour vous ?

Je savais que j’avais envie d’entreprendre oui. Mais quoi et comment, c’était autre chose ! Alors que je faisais un stage assez classique je me suis dit qu’il fallait que je me lance dans quelque chose qui me ressemblerait plus. Peu à peu le projet a pris forme, à un moment j’ai eu une idée qui m’a donné la force de me lancer.

Vous n’aviez pas de doutes ?

Si, je me disais que je n’avais pas d’assise financière ni d’expérience, je pensais que c’est ce qui allait être le plus préjudiciable mais en fait non. Ce qui a finalement été le plus « dommageable »  a été d’attacher une importance inconsidérée à certains points et d’en négliger d’autres.

Rétrospectivement, vous feriez les choses différemment ?

Disons que j’ai passé beaucoup trop de temps sur le décorum, le design, le Business Plan etc. mais pas assez à tester l’idée et le concept. Ce qui était une erreur. En fait, je crois que pour mener à bien un projet il est primordial d’aller à la rencontre de ses publics, échanger le plus possible avec des personnes qui peuvent nous conseiller et nous faire progresser.

En fait il faut tester et ne pas avoir peur de se remettre en question et de réinterroger son business.

Oui, vous avez fait pivoter votre start-up…

Les pivots ont été des moments nécessaires mais difficiles. Cela demande un vrai travail d’équipe à la fois pour que les pivots soient efficaces et pour se soutenir.

Mais il est positif de chercher pour réussir !

On dit que l’envie d’entreprendre est propre à votre génération, vous le croyez aussi ?

Je crois que le numérique nous apporte des outils que toutes les autres générations n’avaient pas forcément, le terrain de jeu est devenu beaucoup plus vaste. Il est plus facile de prendre sa vie en main.

Et puis, en parallèle, il y avait une certaine déception quant au monde du travail.

Quels conseils donneriez-vous à des jeunes qui veulent se lancer ?

Je pense que c’est un tout. Il faut être curieux, ouvert sur le monde, avoir envie de résoudre des problèmes, d’apporter des solutions. Il faut être capable de détecter des tendances et donc d’être à l’écoute de l’évolution de la société. Et surtout il faut avoir réellement envie !

Ce monde des start-ups est très masculin, cela vous est-il difficile ?

Oui c’est un milieu masculin, mais de moins en moins. Cela reste encore difficile pour les femmes, mais j’ai choisi de ne pas y prêter attention. Et d’avancer.