Marina – Déléguée régionale de l’ANAJ-IHEDN

Qui ? Marina

Mission ? Déléguée régionale de l’Association Nationale des Auditeurs Jeunes de l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (ANAJ-IHEDN) en région lyonnaise

La Phrase « Si en 2018, la place des femmes dans les forces armées n’est plus un problème ni même une question et si leur rôle est désormais reconnu, certaines difficultés persistent. »

 

Pouvez-vous nous présenter d’une part, l’ANAJ-IHEDN ?

« L’Association Nationale des Auditeurs Jeunes de l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale (ANAJ-IHEDN) est la première association française de jeunes sur les questions de défense, de sécurité et d’engagement. »

Aujourd’hui, nous constatons des changements indéniables au sein de la société dans laquelle nous vivons, au sein du monde dans lequel nous évoluons. Les équilibres traditionnels que nous connaissions semblent avoir été perturbés dans tous les domaines : politique, économique et culturel, entre autres. La scène internationale s’en trouve bouleversée complexifiant ainsi les enjeux qui en émanent.

Au sein de l’ANAJ-IHEDN, nous sommes convaincus que la jeunesse est aujourd’hui autant un sujet de société qu’un réservoir de solutions bienveillantes et pertinentes pour notre avenir commun. C’est dans ce contexte que les jeunes de l’IHEDN souhaitent dynamiser une réflexion innovante et impertinente autour des problématiques de défense regroupant les sphères militaires, diplomatiques, économiques, civiles et culturelles. En ma qualité de déléguée régionale pour la région lyonnaise et avec tous les membres de la délégation nous nous évertuons justement à promouvoir l’esprit de défense en lien étroit avec les acteurs locaux de ce secteur d’activité.

D’autre part, vous faites partie du réseau « Avec les femmes de la défense », quelles en sont les valeurs ?

Créé en 2016, ouvert aux hommes et aux femmes de la défense quels que soient leur statut et leur grade, l’objectif de ce réseau est de valoriser le rôle et la place des femmes au sein du ministère des Armées, d’observer avec vigilance la mise en place de l’égalité femmes/hommes, de permettre des échanges intergénérationnels et surtout d’être force de proposition sur tout ce qui a trait à l’équilibre entre la vie personnelle et la vie professionnelle.

L’objectif de l’association est donc de faire entendre la voix des femmes et de faire en sorte qu’on ne parle pas pour elles, de les rendre plus fortes devant le sexisme ordinaire. Il s’agit d’une démarche constructive pour veiller à l’égalité professionnelle, car les femmes du ministère des Armées ont du talent et des compétences qui participent à la performance globale du ministère et à la modernisation de l’action publique.

Il s’agit en outre d’un réseau pour aider à construire la mixité, ensemble, tous ensemble. Il faut une prise de conscience de tous et du soutien, en particulier de la part des hommes, des chefs, des commandeurs. Un soutien qui doit s’inscrire dans la durée car la mise en œuvre de ce qui parait acquis sur le papier sera longue.

Pour quelles raisons avez-vous fait ce choix d’orientation professionnelle ? Quelles ont été vos motivations et s’il y en a, les barrières auxquelles vous avez fait face pour intégrer ce secteur ?

La volonté de servir mon pays, mon drapeau a toujours été une idée qui m’était chère. Très jeune déjà je souhaitais m’engager au sein du ministère des Armées. Je souhaitais faire mes études et peut-être présenter le concours de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr. Puis, en 2012, je me suis engagée dans de la réserve opérationnelle. C’est ainsi que j’ai pu me confronter à la vie militaire. Cette expérience de vie m’a beaucoup plu et me plait encore. J’ai grandement appris tant sur le plan personnel que professionnel. J’ai poursuivi mes études en parallèle de la réserve. C’est seulement au cours de mes deux années de Master que j’ai découvert la diversité des métiers au sein du domaine de la sécurité et de la défense. J’ai pris conscience que les acteurs de ce domaine n’étaient pas uniquement des militaires, loin de là. Après plusieurs expériences professionnelles dans ce milieu j’ai été recrutée comme analyste dans le domaine de la géopolitique. J’ai choisi cette orientation professionnelle parce qu’elle est en parfaite adéquation avec mes études, mes centres d’intérêt et cette volonté de servir.

En ce qui me concerne je n’ai fait face à aucune barrière qu’elle soit relative à mon travail actuel ou à mon engagement au sein de la réserve opérationnelle.

Constatez-vous un manque de présence féminine au sein du secteur de la défense ? Que diriez-vous à une jeune fille qui souhaite intégrer ce domaine ?

Depuis leur professionnalisation, les armées françaises ont conduit une politique volontariste en matière de féminisation. Aujourd’hui, la France dispose des forces armées les plus féminisées des nations occidentales. Sur un effectif de près de 267 000 personnes, 55 000 femmes servent le ministère des Armées dont 32 000 sont militaires.

En dépit de ce constat, malgré les 20 années de professionnalisation et la fin des quotas, les conséquences de ces politiques de féminisation sur plusieurs décennies se sont heurtées à des incompréhensions. Si en 2018, la place des femmes dans les forces armées n’est plus un problème ni même une question et si leur rôle est désormais reconnu, certaines difficultés persistent. Contrairement aux autres catégories, pour les officiers, le taux de féminisation est presque quatre fois plus élevé parmi les officiers sous contrat (19 %) que parmi les officiers de carrière (5 %).

J’encourage toutes les jeunes filles qui le souhaitent à intégrer ce domaine. Il s’agit d’un secteur riche de sa diversité. Quel que sera votre statut, votre métier, votre fonction, vous prendrez véritablement la mesure de votre engagement. Vous pourrez faire corps avec ces valeurs qui vous sont chères : fraternité, courage et dévouement. Enfin, je crois très sincèrement que la défense a du « potenti’Elles », alors foncez !

Avez-vous des souhaits pour le futur ?

En ce qui me concerne, je souhaite persévérer dans mes engagements au sein de ce milieu, qu’il s’agisse de mon travail au quotidien ou de mon contrat de réserve. Je m’enrichis humainement chaque jour des connaissances que j’apprends et des compétences que j’acquiers. Je souhaite enfin pérenniser mon investissement au sein de l’ANAJ-IHEDN et au sein de l’association « Avec les femmes de la Défense ».

 

Pour des questions d’anonymat, le nom complet de notre interviewée n’a pas été révélé.