Marie Beauchesne – Fondatrice de Ypsylone

Qui ? Marie Beauchesne

Mission ? Fondatrice de Ypsylone 

La phrase ? « Ma motivation au quotidien, c’est améliorer la condition des femmes, réinventer le féminin au 21ème siècle : puissant, sensible, pluriel, sortir des stéréotypes qui enferment tout le monde, y compris les hommes d’ailleurs.  »

 

Marie Beauchesne, vous êtes la fondatrice de Ypsylone, une marque française de mode féministe, pouvez-vous nous en dire plus ?

Je suis féministe depuis toujours et entrepreneure depuis 2 ans. J’ai lancé Ypsylone, une marque de prêt-à-porter féministe avec le but de donner la parole aux femmes et proposer une autre image de l’idéal féminin. Pour moi la mode est un moyen, pas un but en soit, même si j’aime beaucoup la créativité et le côté ludique de la mode.

Le concept de mes collections repose sur des portraits : les vêtements sont inspirés et portés par des femmes qui ont une histoire, une opinion à partager. Chaque collection capsule (1 à 3 pièces) aborde une thématique – féministe mais pas que, et bien sûr aucune photo n’est retouchée. C’est à la fois un projet collectif où je cherche à valoriser des femmes différentes, et une démarche très personnelle car elle reflète ma vision de la féminité et mon engagement.

 

Comment vous est venue l’envie de créer Ypsylone ?

J’ai longtemps eu un rapport haine/amour envers la mode : ça fait rêver et c’est magnifique mais impossible de ne pas s’indigner du traitement réservé aux femmes. J’avais envie de véhiculer quelque chose de positif à travers la mode : des histoires vraies, loin du storytelling à la sauce carnet de tendances et campagne marketing. D’autant que je connais une partie de l’envers du décor pour avoir travaillé en stratégie de communication. J’ai eu envie d’attaquer le problème par l’action plus que par la critique. En 2015, il n’y avait pas de marque féministe où j’aurais pu postuler, du moins pas en France, donc je me suis dit pourquoi pas créer ma marque?  C’était un pari fou, et il n’est pas (encore) gagné à 100% mais je ne regrette pas une seconde.

 

Quel a été votre parcours pour arriver où vous en êtes ?

Je suis bretonne, j’ai fait mes études à SciencesPo Paris où je n’ai pas imaginé une seconde devenir entrepreneure mais où j’ai énormément appris en structure, en exigence intellectuelle. Puis, pendant 2 ans, j’ai pris des cours du soir, en couture et stylisme, en parallèle de mon boulot dans la communication. Enfin j’ai suivi un programme d’accompagnement pour entrepreneurs, le Startup Leadership Program qui m’a vraiment donné les bases pour me lancer. J’adore apprendre, je suis frustrée quand je n’évolue pas mais au-delà des compétences « couteau suisses » que j’ai apprises en bonne entrepreneure, c’est avant tout un parcours personnel. Prendre confiance en moi et accepter de prendre la parole, d’être sur le devant de la scène, pitcher, vendre et se vendre en permanence est le plus gros challenge. J’y travaille toujours mais je crois que je suis enfin sur la bonne voie.

 

Vous défendez la parité à travers la mode, quels ont été vos motivations, vos inspirations ? Quel constat avez-vous fait ?

Plus que la parité je défends la liberté d’être qui on a envie d’être, de faire ce qu’on a envie. La mode a un impact considérable sur l’image qu’elle renvoie des femmes, elle est source d’images limitantes, de complexes et renforce une vision caricaturale de la femme qui ne parle pas, ne vieillit pas et ne peut être belle que d’une certaine façon. C’est un constat, très négatif mais réaliste, qui m’a donné envie d’agir. Ma motivation au quotidien, c’est améliorer la condition des femmes, réinventer le féminin au 21ème siècle : puissant, sensible, pluriel, sortir des stéréotypes qui enferment tout le monde, y compris les hommes d’ailleurs.

 

Entre Ypsylone, votre engagement pour l’empowerment au féminin et vos différentes interventions en conférence, avez-vous d’autres projets en tête ?

Je réfléchis à un format vidéo, toujours sur les questions de féminin et de féminisme. Pourquoi pas développer davantage l’empowerment au quotidien à travers des ateliers. Je réfléchis à d’autres moyens pour faire passer ce message, faire avancer les choses. Je suis ouverte et n’exclus pas de m’associer pour aller plus loin.

 

Pour terminer, quels conseils donneriez-vous aux jeunes filles qui n’osent pas se lancer  ?

Si le seul obstacle entre vous et le succès c’est vous, alors il n’y a pas de mystère : travaillez sur vous. Il ne faut pas hésiter à se faire aider pour grandir en tant que personne et il n’y a aucune honte à ça : coaching, méditation, psy, développement personnel, tout est bon à prendre tant que ça vous fait avancer. Apprendre à sortir de sa zone de confort, ça se prépare mais parfois il faut juste sauter sans trop savoir sinon on y va pas.

En revanche il faut aussi faire attention au leurre de l’entrepreneuriat comme solution à tout : c’est très tendance en ce moment mais je suis persuadée que ce n’est pas pour tout le monde. Enfin, la question « pourquoi » est toujours utile avant de se lancer.