Margaret Hamilton (1936-) – Informaticienne

Margaret Heafield Hamilton est née à Paoli dans l’Indiana en 1936. Elle quitte le lycée en 1954 pour entamer une licence de mathématiques l’année d’après qu’elle obtiendra en 1958. À la suite de cela, elle déménage dans le Massachusetts dans l’optique de poursuivre ses études dans les mathématiques pures. En 1960, elle intègre le MIT (Massachusetts Institute of Technology) pour développer des programmes informatiques de prévision météorologique sur les ordinateurs LGP-30 et PDP-1 pour le professeur Edward Norton Lorenz. De 1961 à 1963, elle travaille sur le projet militaire SAGE où elle développe des programmes de détection d’avions sur l’ordinateur géant AN/FSQ-7.

En 1963, alors qu’elle travaille au sein du laboratoire Draper, elle est chargée de mission pour le programme Apollo de la NASA sur des logiciels embarqués dans des vaisseaux spatiaux censés prendre en charge la navigation et l’atterrissage sur la Lune. Elle devient responsable de l’équipe chargée du développement du logiciel embarqué utilisé pour les missions Apollo puis Skylab. Alors que les projets informatiques en sont à leur balbutiement, Margaret Hamilton a déjà acquis une solide expérience dans ce domaine.

Dans le cadre de projets informatiques, son expertise recouvre un large éventail de compétences : conception de systèmes, développement de logiciels, modélisation de processus… La liste est longue et réunit près d’une vingtaine de domaines d’expertise. Elle est également reconnue pour ses innovations, notamment lorsqu’elle travaille sur le programme Skylab où elle innove dans le domaine du processus de construction des programmes de vols et de leur environnement de développement.

La qualité des programmes développés sous la supervision d’Hamilton installés sur l’ordinateur Apollo Guidance Computer (AGC) a joué un rôle crucial au cours de la mission Apollo 11. Grâce aux logiciels de l’informaticienne, l’équipe a pu éviter une interruption de l’atterrissage du module lunaire Apollo sur la Lune. L’ordinateur à bord se trouvant saturé au moment de l’atterrissage, sans le logiciel d’Hamilton, les alarmes avertissant de ce dysfonctionnement n’auraient pas sonné et l’équipe tout entière aurait péri. Ce logiciel permet de prioriser des tâches de celles ayant la plus haute priorité pour interrompre celles qui le sont moins, et donc dans le cadre de la mission Apollo 11, l’atterrissage sur la Lune était la priorité, même si l’ordinateur se trouvait saturé. Elle consacrera le reste de sa carrière scientifique au développement de techniques pour la détection d’erreurs et aux langages de programmation.

Margaret Hamilton est considérée dans les années 1960, comme une pionnière en rupture avec les us de l’époque car elle faisait partie des rares femmes à occuper un poste à responsabilité technique au sein du milieu scientifique, considéré comme largement masculin. C’est à cet égard qu’elle aura été à de nombreuses reprises moralement critiquée, en la rappelant sans cesse à son rôle de mère. Des remarques sexistes typiques de cette époque où la morale jouait un grand rôle au sein de la société. De nombreuses récompenses et hommages sont rendus à Margaret Hamilton depuis sa longue carrière. La dernière en date, un Lego à son effigie au sein de la collection « Women of NASA ».

Source : Wikipédia