Laure Bertrand – Directrice des Softs Skills et Services Pédagogiques Transverses au pôle Léonard de Vinci

Qui ? Laure Bertrand

Mission ? Enseignante – Chercheuse – Directrice des Softs Skills et Services Pédagogiques Transverses du Pôle Léonard de Vinci (EMLV, ESILV, IIM)

La Phrase : « Lâcher prise et accepter ses failles et aspérités est un chemin de sagesse que l’on peut démarrer à 18 ans !  »

Présentez-nous votre parcours et ce qui vous a amené à vous intéresser aux Soft Skills

Les Soft Skills représentent un vrai fil conducteur de mon parcours.

Par exemple, jeune diplômée de l’École de Management de Lyon, j’ai débuté ma vie professionnelle dans ce domaine, par le biais du Développement Personnel. Mon premier job était à l’Institut de l’Expansion, filiale Formation Continue du groupe de presse l’Expansion. J’y ai découvert les formations à la gestion du temps, à la performance individuelle, à la prise de parole en public.

Plus tard, à Toulouse Business School, j’ai notamment dirigé les Relations Entreprises et le programme d’accompagnement à la recherche d’emploi. Je me suis particulièrement attachée, dans ce cadre, à aider les étudiants à une meilleure connaissance d’eux-mêmes.

Puis je me suis engagée dans une thèse de doctorat en RH et je suis devenue enseignant-chercheur. L’École d’Ingénieurs de Purpan m’a confié la responsabilité de créer et animer un programme de « Formation Humaine » sur les 5 années du cursus. Une démarche globale, en développement personnel, connaissance de soi et éthique.

Depuis novembre 2015, je dirige un nouveau département pédagogique au Pôle Léonard de Vinci, centré sur les formations Soft Skills et la Transversalité. Nous intervenons tout au long des 5 années de formation des 3 Écoles du Pôle : Ingénieurs (ESILV), Management (EMLV) et Web-design (IIM). Faire travailler ces étudiants en équipe-projet pluridisciplinaire inter-écoles est la trame. Ils y apprennent à accepter les différences, à coopérer avec les autres et à sortir des silos.

À cela, nous ajoutons des formations très variées : connaissance de soi, créativité, communication, agilité, assertivité, gestion émotionnelle, et beaucoup d’autres thèmes.

C’est un projet unique et un défi passionnant !

Vous sentez-vous féministe ?

Oui, clairement. Je me sens féministe depuis toujours, très concernée par les enjeux de l’égalité hommes-femmes partout dans le monde.

Cette sensibilité féministe était une évidence dans les années 70 de mon enfance et adolescence. Aujourd’hui, j’ai parfois l’impression que, pour certaines personnes, cet adjectif est devenu presque péjoratif, comme s’il fallait s’en excuser. Du genre « je ne suis pas féministe, mais… ».

Pourtant, même dans nos pays développés, la situation est loin d’être idéale. J’ai parfois l’impression qu’elle pourrait régresser à certains égards. Par exemple, le sexisme ordinaire raconté par des jeunes filles et jeunes femmes, sur le site « Paye ta fac », est assez édifiant.

Les stéréotypes de genre restent puissants et il faut continuer à les combattre. Mes deux filles de 30 et 25 ans partagent cette conviction, avec leurs amies. Cela me fait plaisir de voir qu’il y a de la relève dans les jeunes générations !

Vous êtes en contact permanent avec des étudiantes, quels conseils donneriez-vous aux jeunes femmes ?

Je peux leur recommander de se donner le temps de réfléchir à ce qu’elles veulent faire elles-mêmes de leur propre vie et au sens qu’elles veulent lui donner. Quelles sont leurs forces, leurs motivations ? Qu’est-ce qui compte pour elles ? Il est important, pour des jeunes filles, d’avoir des ambitions, des projets, de savoir ce qu’elles ont envie d’accomplir. Cela leur donnera plus de solidité pour construire leur parcours.

Je leur conseille aussi de prendre du recul par rapport à ces motivations. Qu’elles fassent la différence entre ce qui relève de leur propre choix et ce qui pourrait éventuellement être une répétition de stéréotypes sociaux. Leurs rêves sont-ils vraiment les leurs ? Pour aussi importants que soient les parents, les amoureux, les amis, leur avis ne doit pas prendre le dessus et il faut pouvoir définir soi-même son chemin.

Je propose aux plus timides parmi elles de s’entraîner régulièrement à prendre la parole, dans des groupes à dominante masculine. Qu’elles affirment leur point de vue, même s’il n’est pas celui de la majorité. Qu’elles ne se laissent pas impressionner.

Enfin, je leur suggère de sortir du mythe de la jeune femme parfaite qui réussirait tout ce qu’elle accomplit dans sa vie personnelle, familiale et professionnelle. Un piège possible, pour les femmes, me semble en effet celui d’intérioriser une exigence excessive sur soi-même. Les hommes se mettent rarement autant de pression… Lâcher prise et accepter ses failles et aspérités, est un chemin de sagesse que l’on peut démarrer à 18 ans !