Julie-Victoire Daubié (1824-1874) – Journaliste

Née dans les Vosges, elle est la huitième enfant de la fratrie. Les Daubié appartiennent à la petite bourgeoisie catholique locale, ils sont notamment connus pour avoir caché des prêtres sous la Terreur, après la Révolution française.

Elle rédige un essai, La Femme pauvre au XIXe siècle, inspiré des conditions de vie miséreuses des ouvriers de campagne. Pour cet essai, elle sera récompensée à de nombreuses reprises par l’Académie des sciences ou encore à l’occasion de l’Exposition universelle de Paris de 1867.

Le 31 août 1844, elle obtient le « certificat de capacité » correspondant à un brevet d’enseignante, obligatoire pour enseigner. L’enseignement, jusqu’alors toujours catholique, vit sa lente transition vers l’enseignement laïc ; c’est à cet égard que Julie-Victoire Daubié s’élève contre le manque de qualification de certaines enseignantes catholiques.

Elle étudie le grec et le latin, disciplines indispensables pour se présenter au baccalauréat mais également la zoologie avec des grands noms de la discipline. En 1859, forte de son succès au concours lyonnais et grâce à l’influence d’un industriel lyonnais, elle est autorisée à s’inscrire à la faculté de Lettres de Lyon en vue de passer son baccalauréat. Le 17 août 1861, à 37 ans, Julie Victoire Daubié devient la première femme française à obtenir le baccalauréat en obtenant six votes favorables sur dix (avec le système de vote des boules).

Plus tard, au sujet du baccalauréat, elle dira qu’elle a sollicité dix années durant l’Université de Paris qui lui aurait systématiquement refusé son accès pour des raisons sexistes en argumentant que « les femmes n’ont pas besoin de cela » ou encore que sa prétention est « ridicule ».

Après s’être lancée dans l’entrepreneuriat en ouvrant un bureau de broderie blanche, c’est forte de son nouveau statut qu’elle s’installe à Paris pour donner des conférences en tant que journaliste économique. Elle fait de multiples apparitions au sein de la presse, renforçant son influence.

En 1871, les cours de la Sorbonne restent toujours fermés aux femmes mais elles sont autorisées à se s’inscrire aux examens. Parallèlement, elle crée l’Association pour le suffrage des femmes. C’est ainsi qu’elle prépare sa licence ès lettres qu’elle obtient le 28 octobre 1871, devenant une fois encore, la première femme licenciée en lettres. Le ministre de l’époque, Jules Simon, prendra le soin de rayer la mention « au sieur » en la remplaçant par « Mademoiselle », tout en la félicitant personnellement.

Elle entreprend aussitôt la préparation de sa thèse de doctorat sur « La Condition de la femme dans la société romaine ». Mais le 25 août 1874, Julie-Victoire Daubié meurt d’une tuberculose, laissant sa thèse inachevée.