Hélène Lannibois-Drean – Directrice R&D et Innovation de l’Activité Gypse de Saint-Gobain

Qui ? Hélène Lannibois-Drean

Mission ? Directrice R&D et Innovation de l’Activité Gypse de Saint-Gobain

La Phrase ?  Quand j’étais jeune, j’ai seulement cherché à étudier dans un domaine qui m’attirait.

Hélène Lannibois-Drean vous avez un PhD en Chimie Physique de l’université Pierre et Marie Curie, comment avez-vous choisi vos études ?

Très tôt, j’ai été attirée par les sciences et je me souviens avoir décidé que je suivrai des études en chimie dès la 6ème. D’ailleurs cela s’est confirmé par la suite puisque j’ai choisi de suivre une classe de seconde en filière technologique avec 14h de travaux pratiques en chimie et physique (je voulais être certaine que cela me plairait vraiment !). Ayant validé mon attrait pour les sciences, j’ai poursuivi mes études en filière générale en première et terminale puis en études supérieures : Université puis Ecole d’Ingénieurs en Chimie et Physique de Bordeaux avant de terminer ma formation par une thèse de Doctorat à Paris.

Aujourd’hui vous êtes directrice R&D et Innovation de l’Activité Gypse de Saint-Gobain, en quoi consiste votre métier ?

Mon rôle est d’élaborer et déployer la stratégie en Recherche, Développement et Innovation de l’Activité Gypse. Je suis également responsable de la veille concurrentielle et des brevets.  Je suis chargée de structurer le portefeuille de projets puis de coordonner les programmes de recherche menés par nos équipes de chercheurs dans le monde entier pour développer des produits innovants pour nos clients. Je travaille en étroite collaboration avec les équipes marketing mais aussi avec la production et les achats. Je dois m’assurer que nous développons les compétences de nos chercheurs et que nous capitalisons nos connaissances. Nous préparons le futur en menant des recherches fondamentales et appliquées dans les domaines de la construction : par exemple, notre dernier produit lancé est la plaque Habito, une plaque pour l’aménagement intérieur qui résiste aux chocs et peut supporter des charges lourdes sans utiliser de chevilles de fixation.

Vous avez participé à la création du réseau WIN (Women In Network) de Saint-Gobain dans lequel vous êtes toujours active, comment l’idée de ce réseau est-elle née et quel est son but ?

Notre réseau a été créé en France en 2011 mais un réseau existait déjà depuis 2003 aux Etats Unis. Il a été initié lors de la rencontre annuelle des 150 plus hauts dirigeants du Groupe, qui compte plus de 170 000 personnes, en constatant que les femmes représentaient moins de 10% des participants. Le Président Directeur Général du Groupe, Pierre-André de Chalendar, a insisté sur la nécessité pour Saint-Gobain de se saisir du sujet et, sous l’impulsion de  la Directrice Générale Adjointe chargée des Ressources Humaines, Claire Pedini, le réseau  été  lancé  en France pour œuvrer à la promotion des carrières des femmes dans le Groupe. Notre réseau WIN (Women In Network) est ouvert aux femmes et aux hommes.

Des groupes de travail d’une dizaine de personnes ont été créés autour des thèmes « Mentoring », « Formation » et « Changer les règles du jeu ». Depuis 6 ans, ces groupes de réflexion fonctionnent et ont développé des initiatives et des programmes spécifiques. Par exemple, dans le groupe Formation auquel j’ai participé, nous avons mis en place des ateliers pour sensibiliser les femmes aux stéréotypes, des formations proposées par des organismes spécialisés pour dépasser ces stéréotypes et des conférences pour témoigner du parcours de femmes remarquables, partager des expériences menées dans d’autres entreprises, ou bien encore exposer les résultats d’études internationales sur le sujet.

Au-delà de la France et des Etats Unis, d’autres réseaux se sont créés dans différents pays où le Groupe Saint-Gobain est implanté.

La dernière étude Gender Scan publiée ce 28 septembre a montré une diminution de la proportion des filles dans les domaines techniques et scientifiques, selon vous pourquoi les filles ne choisissent-elles pas ces domaines ?

C’est surprenant car les filles réussissent très bien dans ces domaines. Je ne me suis personnellement jamais posée cette question. Quand j’étais jeune, j’ai seulement cherché à étudier dans un domaine qui m’attirait. Il faudrait demander aux jeunes étudiantes d’aujourd’hui les raisons qui les poussent à choisir d’autres filières.

Et si vous deviez convaincre une jeune fille qui hésite  » car la science est un domaine masculin  » que lui diriez-vous ? quels conseils lui donneriez-vous pour réussir ?  

Je lui dirais de choisir une filière qui l’attire avant tout et je lui présenterais des chercheuses qui travaillent à Saint-Gobain Recherche, l’un des principaux centres de recherche du Groupe, situé à Aubervilliers près de Paris. Là-bas, 38% des techniciens et ingénieurs sont des femmes : physiciennes, chimistes, mathématiciennes. La preuve que la science n’est pas un domaine masculin, n’est-ce pas ?