Flora Katz – Critique d’Art Indépendante

Qui ? Flora Katz

Mission ? Doctorante en philosophie de l’art et esthétique , critique d’art et commissaire d’exposition indépendante

La phrase ? « Aujourd’hui le féminisme, c’est d’abord pour moi les féminismes : c’est la reconnaissance de la singularité de chacun-e, de sa liberté, au sein d’une collectivité. »

 

Qui êtes-vous Flora Katz ? Qu’est le féminisme pour vous ?

Je suis critique d’art, commissaire d’exposition indépendante, et doctorante à l’Université de Paris 1 Sorbonne en philosophie de l’art et esthétique.
Le féminisme a d’abord été une histoire, celle de la génération de mes parents, à laquelle je ne me rattachais pas trop. Puis sont venus des textes de philosophie (Luce Irigaray, Monique Wittig, Butler), qui m’ont aidée à développer une méthodologie de travail et d’échanges pour concevoir des projets dans le milieu de l’art contemporain. Je les ai développés avec une collègue et amie, Mikaela Assolent, à Paris et à New York où j’ai vécu pendant un peu plus d’un an.

Aujourd’hui le féminisme, c’est d’abord pour moi les féminismes : c’est la reconnaissance de la singularité de chacun-e, de sa liberté, au sein d’une collectivité. C’est une écologie de vie qui nécessite des espaces pour que l’on se comprenne, qu’on s’entraide, mais aussi pour produire de la pensée, dans un au-delà de ce qui est donné. L’art, la culture dans un sens plus large, y a une place fondamentale pour rendre sensible ces espaces en évitant la démagogie.

Pouvez-vous nous présenter les ateliers que vous animez, « Le présent de nos savoirs »

« Le présent de nos savoirs » est un atelier qui consiste à nourrir et diffuser des savoirs absents ou minorisés avec un ou une artiste. L’atelier se déroule depuis un an à Lafayette Anticipations, une fondation d’entreprise qui a pour particularité de se centrer sur la production artistique (contrairement aux institutions qui se concentrent sur l’exposition). Elle ouvrira ses portes à l’autonome prochain dans le Marais à Paris. Pour chaque session, j’invite une artiste à réfléchir à un sujet qui lui tient à coeur et qui lui semble manquer.

L’artiste le présente, puis nous réfléchissons à une plateforme de diffusion des savoirs (Bibliothèque sans Frontières, Wikipédia) qui est expliquée lors de l’atelier. Ensuite l’atelier consiste à transmettre ce savoir sur la plateforme choisie. C’est un fonctionnement en poupée gigogne où des milliers de personnes ont ensuite accès à ce savoir manquant. En ce moment nous concentrons les séances sur un thème particulier, la désidentification, une forme artistique qui a été décrite par un critique d’art américain pour théoriser des pratiques artistiques des queers de couleurs aux Etats-Unis. Pour chaque séance, une artiste présente un passage du livre sur la désidentification et nous discutons ensemble de ce concept, que nous nous approprions petit à petit, dans le contexte français. Ce qui est intéressant c’est le langage qu’utilisent les artistes pour évoquer ces sujets. Ils peuvent danser, performer, lire, montrer des images, c’est très différent d’un académique. Ça crée un savoir vivant.

 

Le prochain Editathon Art+Feminism aura lieu les 4&5 mars 2017, comment se déroule un Editathon, qui peut y participer?
L’Editathon Art+Feminism est un marathon d’édition international sur Wikipédia, à propos des arts et des féminismes, produit par Lafayette Anticipations. Il s’agit de réduire les inégalités de genre sur la plateforme où moins de 12% des contributeurs et contributrices s’identifient comme femmes. A Paris, ce sont deux journées d’écriture auxquelles tout le monde est invité à participer, qui se déroulent aux archives nationales dans le Marais. Une équipe d’accueil aide les publics à s’initier à la plateforme Wikipédia. Mais ce sont aussi deux journées de rencontres où l’on débat sur les enjeux et les potentialités de cet événement.

La spécificité du marathon Art + Feminisms de Paris tient à ce qu’il est développé en collaboration avec une artiste (Wu Tsang). Et cette année, nous avons aussi travaillé un thème spécifique : la désidentification. Je souhaitais que cet événement soit l’occasion de parler de notre présent, un monde en migration mais aussi qui porte une véritable révolution du genre en dépassant les binarités. Cet éditathon sera l’occasion de découvrir des figures artistiques qui ont porté ces questions, comme Ana Mendieta, Jean-Michel Basquiat, Vaginal Davies, Andy Wahrol, Felix Gonzalez Torres, et de se familiariser avec le concept de désidentification, d’intersectionnalité, avec des critiques d’arts, artistes, performeurs qui sont réunis pour l’occasion.

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