Elisabeth Crépon – Directrice de L’ENSTA ParisTech

Qui ? Elisabeth Crépon

Mission ? Directrice de l’ENSTA Paristech

La phrase :  » Si je devais résumer les conseils que je donnerais aux étudiant.e.s qui entrent dans la vie active c’est : s’écouter, s’investir, s’impliquer. »

 

Vous êtes diplômée de l’École polytechnique (X83), ingénieur de l’armement et docteur en chimie organique (Université Paris-Sud) et vous menez une carrière exceptionnelle aussi bien en France – à La Direction Générale de l’Armement, l’Ecole polytechnique et l’ENSTA ParisTech où vous avez été directrice de la Formation et de la Recherche avant d’être la Directrice de l’Ecole depuis 2012 – qu’à l’international (Seaflower Associates – Boston), quels sont pour vous les clés et moteurs de votre réussite ? Quels conseils donneriez-vous aux étudiant.e.s qui s’apprêtent à entrer dans la vie active ?

Le moteur qui sous-tend ma vie professionnelle et qui était déjà présent lors de mes études est l’envie. Je conçois la carrière comme une succession d’opportunités qu’il faut savoir saisir. Au-delà de toute stratégie, j’ai toujours fait ce dont j’avais envie.

D’autre part, je me suis toujours demandé ce que je pouvais apporter, au-delà de mes fonctions, à la communauté. Très vite j’ai rejoint des comités, des conseils, des groupes de travail… Il s’agissait pour moi de provoquer les rencontres et de participer à l’élaboration de l’éco-système. C’est à ce titre qu’aujourd’hui je suis Vice-Présidente de la CDEFI, que je participe aux travaux de la CTI ou que je suis membre de l’AFDESRI…

Donc si je devais résumer les conseils que je donnerais aux étudiant.e.s qui entrent dans la vie active c’est : s’écouter, s’investir, s’impliquer.

Vous avez pris la tête de l’ENSTA ParisTech en 2012, quelles sont vos ambitions pour l’école ? 

Quand j’ai pris mes fonctions, l’Ecole était déjà inscrite dans une dynamique de développement : elle venait de déménager à Palaiseau dans le cadre du regroupement Paris-Saclay. Nous profitons de cet éco-système grâce à des partenariats et collaborations ambitieux avec les autres membres (en particulier avec l’Ecole polytechnique). Le contrat d’objectifs et de performance de l’Ecole qui vient d’être renouvelé avec le Ministère de la Défense est le prolongement de cette dynamique.

J’ai toujours eu comme ambition pour l’ENSTA ParisTech d’en faire un établissement de référence sur différents axes thématiques : l’Energie, le Transport et l’Ingénérie des systèmes complexes. D’autre part, l’enjeu du poids de l’Ecole est important et en 10 ans la taille de l’ENSTA ParisTech aura augmenté de 40%.

Enfin l’ouverture est un axe de développement primordial : ouverture à l’international bien sûr mais aussi ouverture sociale. C’est dans ce cadre que nous nous sommes investis dans le dispositif des « Cordées de la Réussite » : nous faisons la promotion du métier d’ingénieurs auprès de jeunes qui peut-être ne l’envisageaient pas. Dans ce cadre nous avons mis en place des partenariats :  une convention avec l’Institut Villebon-Georges Charpak permet chaque année, depuis 2016, à un étudiant de rejoindre nos effectifs en tant qu’étudiant du cursus ingénieur, en 1e année.

L’ENSTA ParisTech se défend bien avec 25 à 30 % d’étudiantes selon les années. Avez-vous mis en place des actions particulières pour favoriser la parité ? Comment expliquez-vous ces chiffres plutôt très bons dans le secteur ?

Nous avons cette année 36% de filles en 1e année. Ce qui est plutôt exceptionnel dans un secteur où les effectifs féminins sont plutôt autour d’une vingtaine de %.

Ce résultat s’explique par une approche multifactorielle. Nous menons des actions dans les CPGE et les universités pour promouvoir le métier d’ingénieur auprès des jeunes filles.

Au sein de l’École nous avons créé des outils spécifiques à destination des étudiantes. Nous nous sommes servis des réponses des enquêtes Universum pour mieux comprendre les enjeux spécifiques à ces jeunes femmes.  Nous avons décidé donc de les accompagner spécifiquement pour leur entrée dans la vie professionnelle, pour qu’elles aient toutes les armes pour défendre leur valeur.

Je pense qu’il y a un cercle vertueux qui s’opère : parce qu’il y a plus de filles qu’ailleurs nous attirons les profils féminins et les actions mises en place bénéficient d’un écho positif auprès des étudiantes quand elles doivent faire leur choix.