Elisabeth Azémard – Développeuse web junior chez Brains Agency

Qui ? Elisabeth Azémard

Mission ? Développeuse web junior chez Brains Agency

La Phrase « En première année de Mastère nous sommes 4 filles sur une classe de 23, et il paraît que c’est un record pour la filière ! »

 

Elisabeth, vous êtes apprentie développeuse web au sein d’une agence de communication. Comment avez-vous découvert votre intérêt pour le codage ? Ce choix de filière était-il une évidence pour vous ou est-ce une passion que vous avez découvert sur le tas ?

Toute ma vie on m’a dit que j’étais une littéraire… Et puis après une licence en sciences politiques qui a grandement enrichi ma culture générale mais m’a apporté très peu si ce n’est aucune compétence « technique » transposable en entreprise, je suis tombée au hasard d’un projet de fac sur les métiers du digital. Et c’est en Bachelor Web design et communication graphique que j’ai découvert le développement web. Ce n’était qu’une mineure dans mon programme, mais j’ai su très vite que c’était la matière qui me passionnait le plus et que j’avais envie de m’engager dans cette voie.

Votre statut d’étudiante en apprentissage vous permet d’avoir la qualité à la fois de salarié et d’étudiante. Quand vous êtes à l’école, avez-vous constaté une sous-représentation féminine ? Si c’est le cas, qu’en pensez-vous ?

Effectivement, en première année de Mastère nous sommes 4 filles sur une classe de 23, et il paraît que c’est un record pour la filière ! Les classes d’UX ou de Web Design quant à elles sont très majoritairement composées de filles…

Je pense que c’est un peu la malédiction des métiers techniques et scientifiques : ils sont très représentatifs d’un problème sociétal bien plus large. Dans la vie, il y a des jeux pour les filles et des jeux pour les garçons. Des métiers de filles et des métiers de garçons. Il se trouve que ces métiers font partie de cette deuxième catégorie dans l’inconscient collectif.

Et ces réflexes sont tellement ancrés en nous dès le plus jeune âge qu’il faudrait vraiment arrêter de perpétuer ces idées pour que nos enfants y échappent et puisse un jour peut-être s’émanciper de cette étroitesse d’esprit.

A votre sens et selon votre expérience, les filles ont-elles raison d’émettre des réticences à s’orienter vers des filières considérées comme « masculines » ?

Absolument pas, mais je ne suis pas certaine que ce soit tant une réticence qu’un défaut d’orientation. Le fait que le développement était un métier très largement masculin ne m’a effleuré l’esprit qu’une fois ma décision prise depuis longtemps. De la même façon, je n’ai jamais pensé à m’orienter vers un métier technique parce qu’on ne m’a jamais poussée à m’y intéresser et qu’on ne me les a même jamais mentionnés. Il ne m’était jamais venu à l’esprit avant que ça pouvait être un métier de créer des sites internet. J’en a fait du chemin !

Pensez-vous qu’il a été plus difficile pour vous de trouver une alternance que pour vos homologues masculins ? Autrement dit, au moment de la recherche de votre alternance, pensez-vous qu’être une fille a constitué un désavantage aux yeux des employeurs ?

Je ne sais pas si mon profil a déjà été écarté à cause de ça, mais je n’ai jamais ressenti une quelconque appréhension de la part de potentiels employeurs. Dans le cas de mon poste actuel, le fait que j’étais une femme a d’ailleurs ouvertement joué en ma faveur.