Catherine Giraud Mainand – Ecole Centrale de Lyon

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« BEAUCOUP DE CHOSES PEUVENT ENCORE ÊTRE FAITES POUR FAVORISER L’ACCÈS DES FEMMES AUX POSTES À RESPONSABILITÉ »

Catherine Giraud Mainand, directrice de communication de l’Ecole Centrale de Lyon, a répondu aux questions d’Orientations pour le Club Campus des Femmes de l’Economie. Elle y aborde la place des femmes dans l’enseignement supérieur et l’évolution des mentalités sur le sujet.

Orientations : Vous êtes directrice de communication de l’Ecole Centrale de Lyon, quelle est, selon-vous la place des femmes dans l’enseignement supérieur et la recherche aujourd’hui ?

Catherine Giraud Mainand : A l’Ecole Centrale de Lyon, nous ne sommes pas forcément très représentatifs des autres établissements d’enseignement supérieur car nous avons une équipe de direction plus féminine que masculine, à un élément près. Ce n’est pas forcément vrai sur toutes les fonctions administratives des établissements aujourd’hui. En revanche, c’est quelque chose que l’on retrouve de plus en plus chez les enseignants chercheurs où les femmes sont reconnues lorsqu’elles ont des compétences. Evidemment, cela dépend des matières. Dans des domaines tels que la sociologie, les sciences humaines ou les langues, la population est de plus en plus féminine. A l’inverse, dans les sciences dures, il y a beaucoup plus d’hommes.

Orientations : Comment percevez-vous l’évolution des mentalités dans l’enseignement supérieur ?

Catherine Giraud Mainand : Je ne pense pas que ce soit un milieu où il y ait un blocage. Les femmes, quand elles arrivent à des postes de direction, ne sont pas rejetées par leurs collègues masculins. Il n’y a pas de clivage volontaire qui est fait, chacun respecte les parcours personnels. En tout cas, personnellement, je n’ai pas l’impression qu’elles soient moins valorisées que les hommes et moins reconnues par leurs pairs. Après, c’est toujours pareil : une femme s’arrête de travailler pour élever ses enfants. Lorsque l’on est dans le monde de la recherche, cela pose toujours un peu plus de difficultés.

Orientations : Très peu de femmes sont actuellement présidentes d’universités ou directrices d’écoles dans l’enseignement supérieur. Comment l’expliquez-vous ?

Catherine Giraud Mainand : Peut-être que les femmes ont un rôle moins politique que les hommes sur ce type de fonction. Elles ont peut-être moins le temps d’être dans les réseaux qui permettent d’évoluer à ce type de poste. Pour progresser vite, il faut pouvoir consacrer beaucoup de temps à son travail. Alors, quand vous consacrez votre temps aux enfants, c’est plus compliqué de se mettre dans une dynamique de réseau. Mais, ces dernières années, il y a une belle évolution des réseaux féminins.

Orientations : Quels efforts doivent encore être faits ?

Catherine Giraud Mainand : Je pense qu’aujourd’hui, nous sommes sur la bonne voie. Beaucoup de femmes ont pris conscience de ce qu’il se passait dans les différents maillages et de l’importance de figurer dans les réseaux féminins. Cette prise de conscience va amener de nombreuses femmes à acquérir des postes à responsabilité. Pour moi, il y a toujours des efforts à faire dans ce domaine. L’Etat a notamment un rôle à jouer dans l’accompagnement. Certaines universités ont, par exemple, développé des crèches pour les enfants de femmes enseignants chercheurs, je trouve que c’est une bonne mesure. De nombreuse infrastructures peuvent être mises à disposition, le congé parental doit être pris en partie par le père et par la mère. Beaucoup de choses peuvent encore être faites pour favoriser l’accès des femmes aux postes à responsabilité.

Wally Bordas

Orientations