Caroline Lair – Co-fondatrice de Women In AI

Qui ? Caroline Lair

Missions ? Business Development – Snips  & Co-fondatrice de l’association Women In AI

La Phrase ? « L’intelligence artificielle n’est qu’un outil en soi, ou la continuité de l’informatique, et non une finalité comme beaucoup tentent de la décrire en prédisant la domination des hommes par une intelligence artificielle. »

 

Pourriez-vous nous définir l’Intelligence Artificielle ? Qu’est-ce qui vous a amené à vous y intéresser ?

L’intelligence artificielle regroupe un certain nombre de méthodes et de concepts mathématiques ayant pour but d’entraîner des machines à reproduire des comportements humains, ce qu’on appelle le machine learning. L’intelligence artificielle existe depuis des décennies mais elle fait particulièrement parler d’elle depuis quelques années avec l’apparition d’une méthode particulière de machine learning appelé le deep learning qui consiste en une technologie d’apprentissage, basée sur des réseaux de neurones artificiels qui a permis des progrès importants dans la reconnaissance faciale ou la reconnaissance vocale par exemple.

L’intelligence artificielle n’est qu’un outil en soi, ou la continuité de l’informatique, et non une finalité comme beaucoup tentent de la décrire en prédisant la domination des hommes par une intelligence artificielle. Ce qui est fascinant avec l’intelligence artificielle d’aujourd’hui, c’est la puissance de cet outil qui nous permet d’envisager de nouveaux horizons dans notre manière de gérer des milliards de données que nos cerveaux peinent à traiter et à mettre en relation. Imaginez le potentiel dans des industries comme la santé ou l’environnement par exemple !

Vous êtes co-fondatrice de Women In AI, une association pour inciter les femmes à rejoindre le secteur des IA. Quels sont les risques si les IA ne sont développées que par une certaine tranche de la population ? Qu’est-ce que les biais cognitifs qui sont liés à cette réalité ?

Women in AI est la première communauté internationale de femmes expertes et/ou passionnées par l’intelligence artificielle, comptant à ce jour près de 400 membres.  Notre mission est de promouvoir les femmes dans cette industrie et de faire émerger la prochaine générations de femmes leaders sur le sujet.

Nous avons débuté ce projet avec mes deux co-fondatrices Moojan Asghari et Hanan Salam car il nous paraissait essentiel que l’intelligence artificielle soit un sujet traité par les deux sexes lorsqu’on réalise le rôle déterminant que va prendre l’intelligence artificielle dans nos vies de demain. Comme dans les STEM de manière générale, les femmes sont sous représentées dans cette industrie, or l’intelligence artificielle ayant pour vocation d’apprendre aux machines à reproduire nos comportements, si les algorithmeythmes ainsi que le choix des données utilisées pour nourrir ces algorithmes ne sont pensés, crées et gérés que par une tranche de la population, en l’occurence des hommes, très souvent caucasiens, les machines ne feront que traduire et amplifier une vision particulière et donc biaisée de la société.

Au-delà du genre, c’est la diversité dans les populations qui vont travailler sur cet outil qui doit être le mot d’ordre afin d’assurer une représentation juste de la société. C’est pourquoi nous avons voulu que Women in AI soit complètement international et nous sommes ravis de compter plus de 35 nationalités au sein de la communauté nous permettant d’adresser à la fois le sujet du genre et de la diversité.

Selon vous, pourquoi les jeunes filles ne se tournent pas vers le secteur de l’Intelligence Artificielle ? Quels sont les messages à leur faire passer ?

Le sujet n’est pas nouveau. Les STEM ont de tout temps eu du mal à attirer la gente féminine, ses professions étant associées au monde masculin. Voilà encore un biais cognitif ! Dès leur plus jeune âge, les filles sont donc très souvent orientées vers d’autres professions dites plus féminines. De ce fait, il y a peu d’exemples de femmes auxquels les plus jeunes filles peuvent s’identifier et, ainsi, peu de probabilité que cela change.

Il faut absolument apprendre à orienter les filles vers ces métiers, et en sous-jacent, elles doivent être plus soutenues afin qu’elles aient davantage confiance en elles et en leur capacité à réussir autant que les garçons dans ces métiers.

Enfin, il est impératif qu’elles réalisent que la société de demain est une société technologique dans laquelle elles doivent savoir participer et s’intégrer si elles veulent avoir un impact sur l’évolution de cette société.

Quelles sont les ambitions de l’association et quelles sont les actions mises en œuvre par celle-ci pour y parvenir ?

Chez Women in AI, nous voulons participer à cet effort et incuber la prochaine génération de modèles féminins pour encourager les jeunes générations. Pour ce faire, nous sommes convaincus que le modèle de la communauté est le bon. En effet, nous créons au sein de notre communauté des liens de confiance entre les membres, grâce à des échanges permanents, des événements et des rencontres où nous poussons nos membres à prendre la parole, entourées et encouragées par la communauté.

Nous développons 4 axes majeurs :

– l’éducation à travers nos masterclasses, nos workshops pour les entreprises et notre programme d’éducation pour les étudiants qui compte également un summer camp pour des collégiennes qui aura lieu pour la première fois cette été.

– la curation d’intervenants femmes pour tous les grands événements phares autour de la technologie et l’intelligence artificielle

– la recherche à travers des partenariats avec des universités, des centres de recherche et nos membres chercheurs.

– la communauté de WAI qui vient alimenter et nourrir les 3 activités précédentes avec des membres apprenants et des membres formateurs.