Barbara Mc Clintock (1902-1992) – Cytogénéticienne

Née dans le Connecticut en 1902, elle est considérée comme une enfant solitaire, indépendante et garçon manqué. Elle découvre la science durant son enseignement secondaire et souhaite intégrer l’université Cornell pour devenir scientifique. Sa mère, réfractaire au fait que ses filles poursuivent des études supérieures par crainte qu’elles deviennent non-mariables, s’oppose au choix de sa fille. Mais son père, de qui elle est plus proche, intervient en sa faveur et elle intègre l’université en 1919.

Elle étudie la botanique et obtient une licence en sciences en 1923, en parallèle, elle se passionne pour la génétique qu’elle a découvert en 1921. Elle obtient un Master of Science en 1925 et un doctorat en botanique en 1927. Ce fut la seule femme, durant toute sa scolarité à Cornell qui obtint un diplôme dans le département de l’agriculture.

Durant ses études puis comme assistante postgrade en botanique, Mc Clintock contribua à la formation d’un groupe d’étude composé de quelques scientifiques dans le tout nouveau domaine de la cytogénèse du maïs. Ses recherches en cytogénétique portaient sur le perfectionnement de la manière de visualiser et caractériser les chromosomes du maïs, ses travaux ont influencé toute une génération d’étudiants. Ainsi, Mc Clintock a démontré que les chromosomes étaient le support physique de l’hérédité en liant un groupe spécifique de chromosomes à des traits hérités ensemble. Et en 1930, elle est la première à décrire l’enjambement des chromosomes homologues durant la méiose.

Les publications majeures de Mc Clintock, supportées par ses collègues, l’ont amené à être récompensée par plusieurs bourses postdoctorales du Conseil national de recherche. Dans les années 1930, après six mois de recherche en Allemagne, elle rentre aux Etats-Unis dans le Missouri où elle entreprend cette fois des recherches sur l’effet des rayons X sur la cytogénèse du maïs. C’est à cette occasion qu’elle découvre un cycle de rupture, fusion et pontage appelé « breakage-rejoining-bridge cycle », découverte clé de la cytogénétique. Après avoir été élue à l’Académie nationale des sciences en 1944, elle devient la première femme présidente de la Genetics Society of America en reconnaissance de son implication dans le domaine.

A partir de 1944, elle découvre les éléments de contrôles de la génétique du maïs : elle identifie deux nouveaux locus génétiques qu’elle nomme Dissociator (Ds) et Activator (Ac). Elle trouva que le Dissociator ne permettait pas seulement la dissociation mais était aussi la cause de la cassure du chromosome, et ajoutait une variété d’effets sur les gènes voisins lorsque l’Activator était aussi présent.

Son travail et ses résultats furent étonnants et très en avance sur son époque, ce qui justifie l’existence d’un certain scepticisme sur ses recherches et implications, c’est pourquoi elle décida de stopper la publication de ses résultats de recherche en 1953. Ses recherches deviennent mieux comprises dans les années 1960 et 1970, alors que des chercheurs démontrent les mécanismes génétiques de la régulation génique, qu’elle avait précédemment trouvés. Au final, elle sera reconnue comme une des meilleures de son domaine, gagnant de prestigieux prix qui reconnaissent sa contribution scientifique. Elle est considérée comme l’une des plus éminentes cytogénéticiennes du XXe siècle. Elle obtiendra en 1983 le Prix Nobel de physiologie ou médecine pour sa découverte des facteurs génétiques « transposons » et elle reste d’ailleurs l’unique lauréate dans cette catégorie.

Source : Wikipédia