Antoine de Gabrielli – Happy Men

happy_men_antoine_de_gabrielli_2

Qui : Antoine de Gabrielli

Mission : Fondateur des Happy Men

La phrase : « Les Happy Men sont des hommes qui ont découvert que la question de l’égalité professionnelle n’est pas une question de femmes mais une question d’hommes et de femmes. »

Antoine de Gabrielli, vous êtes à l’origine de Happy Men, pouvez-vous nous présenter ce réseau ?

Happy Men est le 1er réseau de professionnels, managers et cadres dirigeants, engagés pour l’égalité professionnelle entre hommes et femmes. Ce réseau est désormais implanté dans 10 grands groupes et réunit plus de 350 membres. Il fonctionne à partir de cercles Happy Men, qui réunissent chacun une quinzaine de membres qui échangent et se forment à la question de la mixité et de l’égalité professionnelle. L’activité du réseau culmine chaque année avec l’organisation du Forum des Happy Men, qui se tient au Ministère des Droits des Femmes.

Quelle est la motivation des hommes qui rejoignent Happy Men ?

Les Happy Men sont des hommes qui ont découvert que la question de l’égalité professionnelle n’est pas une question de femmes mais une question d’hommes et de femmes. L’inégalité est perdante pour tous. Elle est perdante pour les entreprises, et les Happy Men sont tous des professionnels, elle est perdante en terme de management, et les Happy Men sont tous des managers qui veulent mettre un terme au gâchis des talents, elle est perdante pour les femmes dont l’accès aux responsabilités professionnelles est restreint et pour les hommes dont l’accès à la vie privée est limité. Tous les Happy Men sont convaincus de cela et veulent transformer un système perdant/perdant en gagnant/gagnant.

Les managers d’aujourd’hui sont-ils, selon vous, formés aux question de parité ?

Non pas du tout. Il y a un énorme déficit de formation des managers et c’est le principal frein aux avancées. Les entreprises ont investi dans les réseaux de femmes, le mentoring et le coaching à destination des femmes. C’est bien, cela ne coûte pas très cher, ce qui en explique le succès, mais les effets sont limités. Mettre sur pied un plan de formation pour les managers, cela répond à un tout autre niveau de volonté. C’est évidemment plus coûteux. Mais c’est là qu’on peut juger s’il y a un vrai engagement pour changer les choses. Pour décider de former les managers, les membres du CODIR ou du COMEX doivent eux-mêmes être convaincus de l’importance, ne serait-ce qu’économique, de cette question. La vérité oblige à dire que c’est assez rare.

Pour vous, l’Enseignement Supérieur devrait-il préparer les futurs professionnels à cette question ?

Oui bien sûr ! L’égalité professionnelle est souvent considérée dans les grandes écoles comme un sujet politique et/ou social. Il l’est bien sûr mais il est aussi un enjeu majeur de performance des organisations, un levier puissant de qualité managériale, et un terrain où aider garçons et filles à mieux appréhender leurs enjeux de couples et de famille. Ce n’est pas rien de contribuer à des organisations plus efficaces, à un management qui ne gâche pas les talents et à une organisation du travail qui n’aboutisse pas à des records de divorces, non ? Cela me semble au coeur de la mission des grandes écoles. Il est rare pourtant que ces écoles abordent ces questions dans leur enseignement managérial. On peut le comprendre car le problème de l’égalité professionnelle a souvent été posé de manière simpliste et caricaturale, très idéologique aussi. Il y a heureusement une autre manière de l’aborder, dans l’intérêt de tous et sans braquer personne.

Antoine de Gabrielli a d’ailleurs donner son point de vue sur la parité lors de notre table ronde : « Egalité vie professionnelle/vie personnelle : une affaire de femmes seulement? »