Anne-Sophie Brisset – Avocate au département Droit Social du Cabinet Hogan Lovells

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Qui ? Anne-Sophie Brisset

Mission ? Collaboratrice junior au sein du département Droit Social du Cabinet Hogan Lovells

La Phrase : « Si, en 2015, les femmes représentent 54% des avocats en France, elles sont en revanche moins d’un tiers à être avocats associés. Il est donc encore difficile de faire carrière au sein de la profession »

 

Qui êtes-vous ? Quel est votre parcours ?

Après une terminale L dans un lycée parisien, j’ai entrepris des études de droit à l’université Panthéon-Assas Paris 2. Ces années d’étude m’ont permis de déterminer le métier que je souhaitais exercer, avocat, et la matière que je souhaitais approfondir : le droit social qui correspond au droit des salariés et de l’entreprise (embauche, licenciement, formation, droit syndical, etc.). J’ai réussi le barreau en 2012 ; je suis entrée à l’école du Barreau en 2013 après mon Master 2 et j’ai prêté serment en 2015. Aujourd’hui, je travaille au sein du département droit social du Cabinet Hogan Lovells en tant que collaboratrice junior où j’exerce tant en contentieux qu’en conseil pour la défense des employeurs.

 

En tant qu’avocate, qu’est-ce que pour vous l’égalité femme-homme ?

L’égalité homme-femme a pour moi plusieurs aspects :

En tant qu’avocate, il s’agit d’une partie intéressante et technique de mon métier. En effet, l’égalité homme-femme doit s’appliquer dans l’entreprise par le biais d’un corpus de règles souvent complexes. Tout en constatant le bien fondé et la nécessité de mettre en place par la loi une politique d’égalité professionnelle dans l’entreprise, force est de constater qu’il est encore très difficile d’imposer des règles légales adéquates et adaptées à chaque salarié. Si les grandes entreprises ont souvent à cœur de lutter contre les stéréotypes et les préjugés et mettent en place des actions de formations, de sensibilisation et des alertes professionnelles, il est souvent plus difficile pour une petite entreprise d’en faire de même, faute de moyens. L’égalité homme-femme reste donc encore très théorique et il est important de continuellement repenser les règles légales afin d’arriver un jour à pallier ces inégalités. Ces règles nous rappellent avant tout que le changement s’effectue d’abord dans les mentalités.

En tant que femme, et dans mon métier, l’égalité homme-femme est encore un réel sujet. Si, grâce notamment à des initiatives des barreaux de France mais également des grands cabinets (le cabinet Hogan Lovells a, par exemple, créé un Comité Diversité), des avancées ont pu être constatées, il existe encore trop de disparités. Il est intéressant de remarquer que si, en 2015, les femmes représentent 54% des avocats en France, elles sont en revanche moins d’un tiers à être avocats associés. Il est donc encore difficile de faire carrière au sein de la profession. Les femmes avocates sont aujourd’hui bien mieux protégées qu’il y a quelques dizaines d’années. Le simple fait que ce sujet existe et fasse débat laisse entrevoir l’espoir d’une protection de la femme avocate lui permettant d’allier vie professionnelle et vie personnelle.

 

Vous considérez-vous féministe ?

Oui. En revanche, mon objectif n’est pas que la femme soit en tout point l’égale de l’homme. Je suis consciente que cette phrase puisse choquer : je suis féministe car je souhaite que les femmes soient prises en compte dans l’évolution de la société en tant que femme, qu’elles soient reconnues pour leurs compétences mais que leurs spécificités soient préservées. Il ne s’agit nullement de devenir l’égal des hommes en renonçant à être femme. Il est des différences indéniables, comme la maternité qui ne pourront être supprimées. Mon objectif, et mon combat, est l’égalité Femme/Homme certes, mais sans nier leurs différences.

 

Avez-vous des modèles qui vous ont inspirée à vous engager dans cette voie ? A faire du droit ? 

J’ai la chance de venir d’une famille de féministes et de juristes dont les discours, très ouverts sur ce sujet, m’ont fait prendre conscience, très jeune, que beaucoup de choses restaient à faire. Ils sont donc tous mes modèles ! C’est pourquoi je m’engage à prendre le relais en transmettant à d’autres femmes et hommes ces messages d’ouverture et de diversité.