Next Prev
 

Menu

Paye Ta Fac – Le tumblr qui dénonce le sexisme dans l’ESR

Depuis le début de l’année, #PayeTaFac a fait irruption sur les réseaux sociaux. Rencontre avec ceux qui veulent en finir avec le sexisme de l’ESR.

Sans donner votre identité, pouvez-vous nous dire qui vous êtes ?

Nous sommes étudiantes et étudiants en M2 « Publics de la Culture et Communication » à l’Université d’Avignon. Dans le cadre d’un cours de sociologie du genre dans le cinéma, notre enseignante Marianne Alex nous a proposé de monter un projet pour lutter contre le sexisme à l’Université. Nous étions cependant libres dans la forme que ce projet allait prendre, et nous avons donc décidé de monter plusieurs projets qui nous tenaient particulièrement à coeur : une exposition en partenariat avec les associations étudiantes pour dénoncer les affiches sexistes créées à l’occasion de soirées, une charte pour l’égalité à destination des associations étudiantes, une modification du site internet de l’Université pour y faire figurer les personnes, instances et numéros à contacter en cas de harcèlement sexiste, et le Tumblr, plateforme de témoignages anonyme sur le sexisme à l’Université. Ce projet est donc porté par notre promotion et sera repris, à notre départ, par la promotion de M1 actuelle.

Payetafac s’inscrit dans le mouvement lancé avec #PayeTaSchnek, la multiplication de ces tumblr résulte pour vous d’une libération de la parole sexiste ou plutôt d’un ras le bol d’entendre ces injures ?

Il y a effectivement un effet boule de neige avec tous ces tumblr, tout le monde se rend compte que ces situations s’appliquent à tous les milieux, il manquait la fac ! La libération de la parole féministe qui condamne les propos sexistes est sans doute plus propre au support des réseaux sociaux qui facilitent la prise de parole et les revendications mais c’est valable pour tous les sujets polémiques et pas seulement le sexisme. La parole sexiste libérée existe depuis bien longtemps, elle est juste plus visible grâce aux réseaux sociaux. Les premières initiatives ont probablement permis une prise de conscience du caractère injuste et sexiste de ce genre de propos, donc c’est sans doute plus cette prise de conscience qui crée ce phénomène de “ras-le-bol”, parce qu’on se sent davantage soutenu grâce à ce type de communautés virtuelles.

On voit que les propos sexistes sont aussi bien tenus par le corps professoral que par les étudiants, comment l’Enseignement Supérieur et la Recherche peut selon vous agir pour mettre un terme à ces problèmes ?

Nous avons constaté que certaines écoles et universités commencent à réagir publiquement aux témoignages provenant de leurs étudiant.e.s, incitant les victimes à les contacter : c’est pour nous très positif ! Il est indispensable que les institutions prennent en considération la parole des victimes. Des institutions internes aux universités ont pour fonction de lutter contre le sexisme et les inégalités en général, mais il apparaît qu’elles sont soit méconnues, soit non reconnues. Nous encourageons toute mise en valeur des dispositifs existants, afin que la parole féministe et l’importance accordée à l’égalité soient également portées officiellement par l’université. L’opportunité pour les étudiants de suivre des cours tels que celui de Marianne Alex est également très importante, car cela permet aux étudiants de libérer la parole, d’engager une réflexion et de conduire des projets.