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La Lettre – Juin 2016

L’Edito

Allons-nous vers le déclin de l’université française ?

Depuis quelques semaines, des couloirs des universités aux tribunes dans la presse, l’arrêté publié au JO le 27 mai 2016 concernant le doctorat – diplôme d’excellence & grade universitaire le plus élevé – est sur toutes les lèvres et sous toutes les plumes. Et force est de constater que des courants s’affrontent !
 
Que prévoit ce texte exactement ?
Citons quelques uns des dispositifs prévus par le gouvernement : limitation de la durée de la thèse à 6 ans, obligation d’une année de césure, modification du fonctionnement du conseil de l’école doctorale, mise en place d’un comité de suivi individuel (à qui il est reproché d’instaurer un climat de défiance), inclusion de la direction de la thèse dans le jury (mais sans droit de vote), suppression des mentions… Notons ici qu’un mol effort paritaire est amorcé à travers « une représentation équilibrée (?) des femmes et des hommes » dans les jurys …
 
Parmi toutes ses mesures, celle concernant l’accès au doctorat et les mutations qui lui sont imposés sont particulièrement décriées (à lire ici et ici) même si des voix s’élèvent pour tempérer et comprendre.
 
Dans une volonté d’opérer un rapprochement entre le monde économique et le monde académique, il est reproché au gouvernement de ne plus faire de la recherche le socle de ce diplôme : mémoire, portfolio, validation de « modules professionnalisants » sont les nouvelles clés d’accession au titre de docteur. Seul titre d’excellence reconnu internationalement et qui ferait cruellement défaut aux élèves issus des « Grandes Ecoles » d’où « l’introduction » de la VAE vue par certains universitaires comme un hold-up organisé par ces formations typiquement françaises…
Notons ici que la VAE n’est pas une nouveauté : selon la loi n° 2002-73 dite de modernisation sociale du 17 janvier 2002, « toute personne engagée dans la vie professionnelle depuis au moins trois ans peut demander et obtenir tout ou partie d’un diplôme en faisant valider les acquis de son expérience professionnelle et personnelle par la validation des acquis de l’expérience » et le  Cadre Européen de Certification pour l’éducation et la formation tout au long de la vie définit ainsi le niveau 8 (doctorat) :
  • «Savoirs à la frontière la plus avancée d’un domaine de travail ou d’études et à l’interface de plusieurs domaines».
  • «Aptitudes et techniques les plus avancées et les plus spécialisées, y compris en matière de synthèse et d’évaluation, pour résoudre des problèmes critiques de recherche et/ou d’innovation et pour étendre et redéfinir des savoirs existants ou des pratiques professionnelles».
  • Démontrer un niveau élevé d’autorité, d’innovation, d’autonomie, d’intégrité scientifique ou professionnelle et un engagement soutenu vis-à-vis de la production de nouvelles idées ou de nouveaux processus dans un domaine d’avant-garde de travail ou d’études, y compris en matière de recherche».
La question ici n’est pas de savoir qui a tort ou raison, si le texte signe l’arrêt de mort du doctorat français ou s’il s’agit d’une tempête dans un verre d’eau ( et le débat n’est pas clos : vous pouvez entendre ici l’émission Le Grain à Moudre consacrée à la question) mais de relever le malaise dans les universités, entre les sciences humaines & sociales et les sciences « dures » et peut être, plus généralement, dans l’enseignement supérieur et la recherche en France, entre les deux voies de formation.
Une réforme du secteur est nécessaire voire vitale – permettant aux chercheurs d’être moins exclus de l’univers économique, développant l’employabilité des docteurs, encourageant le rapprochement entre entreprises et études doctorales (exercice périlleux quant à l’indépendance de la recherche, mais nécessaire), facilitant les financements de la thèse, repensant la concurrence université et école, … – et est demandée mais celle-ci doit être ambitieuse, financée et respecter l’excellence d’une formation universitaire reconnue.
Une réforme qui permettrait à la recherche française et aux diplômés des écoles et universités d’être des acteurs du monde professionnel de demain, en France comme à l’international.

L’Article

Genre et thèse : Une étude sur la publication des doctorant.e.s.

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Les Portraits

Aurélie Jean

Qui ? Aurélie Jean

Mission : Experte en biomécanique numérique, Senior Software Developer à Bloomberg LP .

La phrase : « Nous cherchons encore notre place et nos règles de réussite, c’est un chemin un peu long mais nous avançons ! »

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Qui ?
Thierry CoulhonThierry Coulhon

Mission : Président de l’Université de recherche Paris Sciences et Lettres

La phrase : « Une étude statistique est en cours ; l’objectif est de comparer les trajectoires des étudiant.e.s au sein de PSL, nous l’analyserons pour la transformer en plan d’action. »

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Qui ? 
Diane BarasDiane Baras

Mission : Directrice du Programme Pour les Filles et la Science de la Fondation L’Oréal

La phrase : «Quand on trouve sa voie, on fait de grandes choses »

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Nos prochains rendez-vous

Retrouvons-nous à la rentrée pour de nouvelles tables rondes et actions pour l’égalité femmes-hommes dans l’ESR ! En attendant rendez-vous sur notre chaîne YouTube pour (re)voir les moments forts de cette année :

La chaîne YouTube des Femmes de l’ESR