Catherine Abonnenc – Vice-Présidente Communication de Femmes Business Angels

CatherineAbonnenc

Qui ? Catherine Abonnenc

Mission ? Vice-Présidente Communication de Femmes Business Angels

La Phrase : « Devenir Business Angel : investir et s’investir autrement »

Pouvez-vous nous présenter les actions des Femmes Business Angels ?
Notre rôle individuel, en tant que femme Business Angel, c’est de prendre un risque financier aux côtés de fondateurs de start-up en prenant une participation au capital mais aussi d’apporter du temps, de l’expérience et des compétences bénévolement et d’ouvrir notre carnet d’adresses. Un Business Angel c’est l’argent, le cœur et la tête ou les « 3C : Cash, Compétences, Contacts …

Notre rôle collégial, en tant qu’association, est de soutenir le développement de l’entrepreneuriat sur l’ensemble du territoire français. Nous investissons dans des start-up à potentiel de tous les secteurs de l’économie, portées par des hommes ou des femmes et nous efforçons d’encourager l’entrepreneuriat féminin. Notre vocation est aussi d’apporter une contribution à l’ « empowerment » féminin en sensibilisant les femmes au fait qu’elles peuvent, au travers de cette activité, contribuer activement au développement des jeunes entreprises et de l’économie.

Pour cela, nous agissons sur plusieurs plans : identification et  sélection de projets parmi les start-up en levée de fonds, organisation de sessions de formation et de réunions mensuelles de présentation de ces projets pour nos membres, coordination avec tous les acteurs de l’écosystème de l’innovation (écoles, incubateurs, réseaux de Business Angels, plateformes de crowdfunding, capital investisseurs, banques…) et enfin, promotion de l’activité de Business Angel, encore trop peu connue.

Quel est le pourcentage de femmes Business Angels en France ?
Notre association FBA, créée il y a déjà 13 ans, est le premier réseau européen de femmes Business Angels et connaît un très fort développement. Pourtant, on ne compte aujourd’hui encore que 7% de femmes parmi les 8000 Business Angels qui interviennent en France.

Selon vous pourquoi il y a si peu de femmes ? 
Sans doute en premier lieu parce que les femmes ont une moindre appétence pour le risque et ne représentent encore qu’un tiers des créateurs d’entreprise.

Mais aussi parce que le sujet des femmes et de l’argent est encore tabou dans notre société. Quelques études menées par des compagnies d’assurance ou de banques ont révélé des ressources inexploitées au niveau de la clientèle féminine mais la prise de conscience est longue à se faire. Peu d’écrits et de conférences sur le sujet. Une loi a rendu obligatoire la féminisation des conseils d’administration, de nombreuses entreprises s’emploient à reconnaître et promouvoir le leadership féminin en terme de management mais dans la cellule familiale, la gestion du patrimoine reste dans les attributions de l’homme. La prise en main des femmes de leur destinée financière n’est pas encore entrée dans les mœurs.

Pourquoi avez-vous souhaité vous engager auprès des Femmes Business Angels ? 

Il y a  encore cinq ans, alors que ma carrière se déroulait de manière assez classique comme juriste fiscaliste puis directeur de communication au sein de petites et grandes structures,  je n’y avais jamais pensé. J’imaginais que c’était  hors de ma sphère de moyens et je n’appréciais pas beaucoup le style qu’on se donne dans le monde de la finance. Jusqu’au jour où j’ai rencontré par hasard une femme membre de FBA. J’ai  alors découvert un réseau de femmes jeunes, actives, dynamiques et accessibles, très loin de l’image un peu pontifiante que j’avais des financiers. Cela a réveillé ma fibre entrepreneuriale (j’ai toujours aimé prendre des risques, lancer des nouveaux projets, et ma carrière n’a été faite que de création de postes) et j’ai eu envie de me lancer dans cette aventure « d’ entrepreneure par procuration» en m’appuyant sur l’expérience des pionnières de FBA.

Le réseau m’ayant beaucoup apporté, j’ai souhaité, parallèlement à mes investissements dans plusieurs start-up, pouvoir contribuer au développement de notre association et en suis devenue rapidement administrateure puis secrétaire générale et vice- présidente.

Que diriez-vous aux femmes qui pensent que ce n’est pas pour elles (moyens financiers, risque, temps passé) ? 

Qu’il n’est pas nécessaire d’être très riche : l’engagement minimum demandé chez FBA est  de 20 K€ tous les deux ans.

Qu’il ne faut pas attendre la retraite pour s’ouvrir à cette activité : le temps à consacrer à cet engagement peut être extrêmement variable selon les  profils des entrepreneur(e)s accompagné(e)s et des Business Angels.

Qu’il faut  intégrer dans sa réflexion la dimension fiscale : l’investissement dans les jeunes entreprises innovantes est partiellement déductible de l’impôt sur le revenu ou de l’impôt sur la fortune.

Que l’engagement se fait dans la durée. Il faut avoir une vision sur 5 ans au minimum.

Qu’il faut accepter le risque de perdre… Et de gagner !

Qu’il faut être curieux, aimer toujours apprendre.

Que de partager l’expérience des autres femmes au sein d’un réseau comme FBA est la meilleure manière de se lancer dans cette aventure passionnante et qu’il ne faut pas hésiter à nous contacter pour découvrir l’activité de Business Angel au féminin.

Pour en savoir plus : www.femmesbusinessangels.org